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Selon le conférencier, M. Michel Grégoire, le projet s’attaquera à la racine du problème et de l’utilisation répandue des enfants dans le travail dangereux et de nature dégradante, en intégrant l’élimination du travail des enfants dans le cadre de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté.

Le projet va également faciliter l’obtention des ressources humaines et financières pour la lutte contre les pires formes de travail des enfants, en formant des liens solides avec des programmes de développement sectoriels et d’autres interventions de réduction de la pauvreté, en particulier, celles visant à améliorer les chances d’éducation et de formation professionnelle pour les enfants à risque, a-t-il dit.

Au cours de son exposé, M. Gregoire a noté qu’à la fin du projet, le Gouvernement du Mali va mettre en place un cadre national détaillé pour l’élimination des pires formes de travail des enfants, conçu avec la participation et le consensus des principaux intervenants.

De plus, dira-t-il, la République du Mali disposera de mécanismes institutionnels solides et durables, dotés de personnels qualifiés, pour assurer la coordination et le suivi des efforts de mise en oeuvre du plan.

Selon lui, dans le même ordre d’idées, le projet généralisera les efforts réussis du programme national de lutte contre le travail des enfants et de LUTRENA, pour mettre en relief les conséquences néfastes (pour les enfants et pour la société dans son ensemble) des formes de travail des enfants, à travers son soutien aux activités de sensibilisation et de mobilisation sociale.

Il permettra de mieux comprendre les conditions de travail des enfants et renforcera les mesures légales visant à les protéger, a-t-il dit.

En répondant aux questions des journalistes, M. Michel Grégoire notera que le projet va soustraire 9.000 enfants Maliens des pires formes de travail des enfants, soit aux Moyens de la prévention ou d’actions directes de soustraction et de réinsertion.

Il s’agira, a-t-il indiqué, d’enfants travailleurs ou à risque de travailler de longues heures dans des conditions dangereuses comme dans les petites exploitations minières, les champs et les ateliers en milieu urbain.

Le projet concernera aussi les enfants, surtout les jeunes filles souffrant d’isolement social et de risques qui échappent aux regards extérieurs, comme les employés domestiques dans des foyers urbains ainsi que les enfants dont la main-d’oeuvre est échangée contre des gains personnels par des intermédiaires, les enfants utilisés pour mendier ou pour fins d’exploitation sexuelle à but lucratif.

Au cours de ces réponses, il a également expliqué que ledit projet élargira les opportunités pour 1800 familles urbaines et rurales n’ayant guère d’autres ressources que leurs enfants pour satisfaire leurs besoins de subsistance. Ces efforts porteront principalement sur quatre régions du Mali où les pires formes de travail des enfants sont les plus concentrées, à savoir Mopti, Kayes, Sikasso et Ségou, ainsi que le District de Bamako.

Quant au Directeur du Bureau Sous-régional de l’OIT pour le Sahel, M. Dramane Haïdara, son intervention a porté sur la démarche du programme assorti de délais (TBP ) qui requiert la conception et la mise en oeuvre de programmes et de mesures effectives, assorties d’un calendrier précis pour lutter contre les pires formes de travail des enfants (PFTE).

Etant spécialement axée sur les PFTE comme priorité, elle a pour but de tracer la voie de l’élimination progressive de toutes formes de travail des enfants à long terme. Le concept de programme assorti de délai offre un cadre d’appui propice à la généralisation de l’action contre le travail des enfants au niveau national, en favorisant une dynamique de coordination active entre les programmes existants, en intégrant les problèmes liés au travail des enfants dans les programmes de développement en exécution et en concevant des interventions spécifiques pour combler les limites actuelles identifiées à partir des leçons apprises”’, a-t-il indiqué.

L’appui technique du Programme International pour l’abolition du Travail des Enfants de l’Organisation Internationale du Travail (OIT/IPEC) offre aux pays un ensemble d’approches, d’outils et de mécanismes pour atteindre un impact mesurable et opportun dans leur lutte contre les pires formes de travail des enfants, a dit M. Haïdara.

L’appropriation nationale et communautaire, l’allocation adéquate des ressources et l’appui programmatique sont aussi des facteurs clés pour la réussite d’un programme assorti de délais, a-t-il conclu.

Mariétou KONATÉ

22 janv 07