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« J’anticipe en permanence une attaque »: l’officier sud-africain Maijeke, ses Casques bleus et l’armée congolaise traquent les Allied democratic forces (ADF) qui massacrent les civils dans le « Triangle de la mort » au nord de Beni dans l’est de la République démocratique du Congo. Vendredi 20h00, des tirs de mortiers et d’armes automatiques mettent en alerte la base de l’armée congolaise à Oicha, un des points chauds de cette zone rouge de la province du Nord Kivu où les ADF tuent des civils à l’arme blanche par centaines depuis le 2 octobre 2014. Une trentaine de soldats congolais et la Force de la brigade d’intervention de la Monusco s’enfoncent dans la nuit vers le lieu présumé de l’attaque. Sur place, des civils accueillent leurs blindés avec des jets de pierre. « Ils sont frustrés envers nous et la Monusco. Nous arrivons parfois en retard. Nous devons nous battre davantage pour que les communautés changent d’avis », glisse un officier congolais. Les civils montrent leurs maisons fraîchement pillées par les ADF, mystérieux groupe armé qui vit dans la jungle et la savane, visiblement avec femmes et enfants, qui n’affichent aucun leader, ni aucune revendication malgré les pertes infligées. La tension retombe à peine, que des tirs sporadiques d’armes automatiques se font de nouveau entendre pendant 20 minutes dans la jungle, à priori près de Mbau, une des bases du « triangle de la mort » avec Eringeti, Oicha et Kamango. De retour à Oicha, les soldats ne dorment que d’un oeil, de peur d’une nouvelle attaque. Les ADF sont tenus responsables de la mort de 15 Casques bleus tanzaniens au cours d’une attaque d’une base en décembre 2017 à Semuliki, plus à l’est, vers la frontière avec l’Ouganda. Ils attaquent également régulièrement des positions de l’armée congolaise, en quête d’armes, de munitions et de matériel médical. « C’est mon quatrième déploiement en RDC depuis 2006 », témoigne l’officier sud-africain. « Celui-ci est le plus intense, j’anticipe toujours une attaque ».AFP