Partager

C’est le dimanche 1er Avril que le Syndicat Libre des Rails (SYLTRAIL) a organisé un point de presse à son siège dont l’objectif était d’échanger avec les hommes de médias sur les performances de la société qui lui ont valu un trophée international dénommé “International Quality Crown Award London 2006”. Il a été décerné à la société pour les performances qu’elle a enregistrées courant 2005. Ainsi, c’est devant les représentants de 163 entreprises que le Directeur Général de Transrail S.A, François LEMIEUX a reçu des mains du PDG de BID (Business Initiative Direction) M. José E. PIERTO le trophée de la qualité , “International Quality Crown Award “ à Londres le 4 décembre 2006. Le point de presse était animé par le secrétaire général du syndicat, Abdoulaye Berthé, son adjoint Hamirou Traoré, assisté d’un autre membre du bureau.

Au début de la rencontre, le secrétaire général, M. Berthé a rappelé les performances de la société depuis sa création. Mais, il s’est dit surpris par la visite au sein de Transrail de représentants d’une société qui seraient intéressés à en être actionnaires. Qui sont-ils ? Leur arrivée ne va-t-elle pas entraîner des perturbations au sein de Transrail? Ce sont là des inquiétudes qui amènent M. Berthé a interpellé les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République.

DES ACQUIS A PRESERVER

Il précisera qu’ils ont pu maintenir l’effectif des travailleurs pendant la période et même obtenir un relèvement du niveau de leurs salaires. En effet, pour ce qui est des performances de Transrail S. A, il faut préciser que de 2003 à 2007, elle a dépassé les prévisions, pendant que c’est au terme de sept ans qu’il était prévu de se prononcer sur les performances de la société.

En outre, il faut souligner que la société Transrail S.A emploie 763 travailleurs, donc 763 familles et c’est surtout grâce au trafic marchandises qu’elle parvient à faire face à ses obligations vis-à-vis des employés qui sont à l’abri de la pauvreté. De là, il ressort que la société contribue à la lutte contre la pauvreté au Mali.

Au départ, a dit le secrétaire général, la concession est globale, conformément à la convention de concession de la Régie du Chemin de Fer qui prendra alors la dénomination de Transrail S.A. Dès cet instant, le concessionnaire avait bien précisé qu’il assurerait le trafic marchandises sans problèmes ; quant au trafic voyageurs, compte tenu de la vétusté du matériel: wagons voyageurs, locomotives, et pour la sécurité, son développement n’a pas été au départ privilégié. Cependant, a ajouté le secrétaire général, malgré que le trafic voyageurs connaissait déjà des difficultés, des gares étaient déjà fermées, il n’a pas été interrompu par le concessionnaire.

En effet, il était convenu de rénover une partie de ces matériels, d’en commander, afin de faire face aux besoins. Ainsi, jusque-là, Transrail n’a fait qu’assurer ce service minimum, selon lequel il y a régulièrement, depuis la concession, deux trains Bamako-Kayes par semaine et deux trains Kayes-Bamako, soit au total quatre trains voyageurs par semaine.

DES PERFORMANCES AVEREES DE TRANSRAIL

En plus, les efforts déployés par la société depuis sa création lui ont permis d’engranger des résultats fort appréciables qui ont d’ailleurs fait qu’elle a mérité un trophée. Pour comprendre ces aspects pertinents de Transrail S.A, il faudra passer en revue certaines étapes de ses activités.

Précisons que Transrail est venue à un moment, particulièrement difficile non pas seulement pour le trafic voyageurs, mais aussi dans le cadre même du trafic marchandises. En effet, il y avait environ 100 000 tonnes de marchandises conventionnelles bloquées au port de Dakar et des gros clients de la Régie du Chemin de Fer avaient commencé à l’abandonner. C’était entre 2000 et 2002.

Avec la concession, Transrail s’est employée à résoudre ce récurrent problème. Ainsi, c’est grâce à Transrail que le port de Dakar a été décongestionné et, en un an, toutes les marchandises stockées ont été acheminées.

A cela, il faut ajouter le coton. En effet, au terminal de MAERSK et de SDV, en 2005, ce sont environ 65 000 tonnes qui furent évacuées par Transrail S. A. Selon M. Hamirou Traoré, secrétaire général adjoint de Syltrail, le plan d’urgence 2004 est une composante de cette performance, des efforts inestimables de Transrail.

Il concerne la relance du trafic : réparation de 12 locomotives, 100 wagons, 75 km de voies traitées. Ces efforts ont permis une progression de 75 pour cent dans le transport des marchandises à l’international, allant de 20 000 tonnes à 3 0000 tonnes.

Aussi, en 2005, ce processus s’est poursuivi par des opérations de sécurisation de la voie et la réhabilitation du matériel pour la remise en état de l’outil ferroviaire. L’objectif était de mieux rentabiliser l’entreprise.

Ainsi, il a été enregistré la réduction du temps de rotation des wagons ramené de 25 jours à 10 jours. C’est sans doute pour cette raison que les 65 000 tonnes de coton de la CMDT ont été acheminées. Précisons que les troubles de 2006 ont quelque peu influencé négativement les performances de la société ; mais la reprise a été vite amorcée.

C‘est ainsi qu’en octobre de la même année, il y a eu le record de 42 00 tonnes avec 37 trains entre Dakar et Bamako. C’est fort de toutes ces performances que le syndicat s’est engagé à poursuivre les efforts pour gagner la bataille du développement du chemin de fer pour le bonheur des populations.

TRANSRAIL ET SON DG A LA UNE DU MAGAZINE DE RENOMMEE MONDIALE 4 A M-FOR ALL MARKETS

L’événement de taille, c’est le fait que le magazine de renommée mondiale 4 A M-FOR All Markets ait consacré sa une à Transrail et à son DG, François Lemieux tenant le trophée international de qualité décerné à Transrail. Curieusement, cela est intervenu à un moment où Bill Gate a été relégué au second plan.

Aussi, en plus de la une de ce grand magazine, il a consacré plusieurs pages à Transrail. Toute chose qui représente une consécration pour Transrail et le témoignage qu’elle est une société qui compte parmi les plus grandes, les plus performantes. Cela réconforte et encourage la Direction de Transrail, mais aussi ses travailleurs à persévérer dans les efforts de développement de la société.

A travers cette consécration, c’est tout le Mali qui est honoré. C’est pourquoi, les autorités maliennes doivent veiller à ce que les acquis soient pérennisés.

POURQUOI L’ENTREE D’UNE NOUVELLE SOCIETE A TRANSRAIL ?

Cependant, ces temps-ci, il y a une inquiétude qui s’empare des travailleurs de Transrail. Elle est relative à l’imminence de l’arrivée d’un nouvel actionnaire dans la société. Il semble que les négociations sont avancées entre elle et les autorités, surtout quand on sait qu’au Sénégal, le document relatif à l’adhésion de cette société a déjà été signé.

Alors, qu’en sera-t-il pour le Mali, encore que, jusqu’à la preuve du contraire, le syndicat n’a pas encore été informé de cette nouvelle éventualité? C’est pourquoi les syndicalistes interpellent les autorités du pays, notamment le président de la République Amadou Toumani Touré afin qu’il soit vigilant par rapport à une question aussi délicate.

Ainsi, on se demande quelles seront les priorités de cette nouvelle société. Va-t-elle prendre en compte les aspects sociaux qui représentent aujourd’hui des acquis pour les travailleurs et tout le Mali? Accordera-t-elle de l’importance au trafic passagers? Préservera-t-elle l’ensemble du personnel en activité aujourd’hui?

Les responsables du syndicat entendent tout mettre en oeuvre auprès de la Direction, mais aussi du département de l’Equipement et des Transports pour en avoir le cœur net, à travers des réponses aux questions posées.

Au Syltrail on est convaincu il n’y a pas nécessité d’opérer des changements dans une structure qui est en pleine expansion, au risque de compromettre les acquis.

Espérons simplement que les plus hautes autorités du pays comprennent les enjeux de la société et le bien-fondé des inquiétudes des travailleurs pour prévenir des remous sociaux qui n’arrangent pas du tout les choses en ce moment.

Moussa SOW

02 avril 2007.