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Avec un chiffre d’affaires de près de 17 milliards de F CFA pour une charge de 20 milliards de F CFA, soit un gap de 3 milliards de F CFA, Transrail-SA est au bord de la faillite. Pour sa direction générale, cette situation résulte des nombreux engagements non tenus par les autorités concédantes du Mali et du Sénégal et oblige Transrail à appliquer un plan qui prévoit le licenciement de 376 agents.

« La décente à l’enfer » , c’est l’expression utilisée par le directeur général de Transrail-SA, Eric Peiffer, pour décrire la situation économique catastrophique dans laquelle se trouve sa société depuis un certain temps. C’était au cours d’une conférence de presse organisée le mardi 31 mars 2009 à la direction générale de Transrail.

Le directeur général de Transrail et son secrétaire, Djribril Nama Kéita, ont révélé que sur la base des engagements pris par les Etats du Mali et du Sénégal, Transrail a élaboré son budget 2008. « Malheureusement, au 31 décembre 2007 rien n’a été fait malgré nos différentes alertes auprès des autorités concédantes », a regretté M. Kéita, arguant que l’exécution de ces engagements devait contribuer à la mise en place d’un fonds de roulement pour l’amélioration du chiffre d’affaires de la société qui tourne présentement autour des 17 milliards de F CFA.

Or, de l’avis des conférenciers, la charge, qui incombe à leur société, atteint les 20 milliards de F CFA, ce qui fait un gap de 3 milliards de F CFA. « Aujourd’hui la richesse générée par Transrail sert seulement à payer son personnel », a dévoilé le secrétaire général.


Relents du chômage

A en croire les conférenciers, à l’arrêt des comptes de 2008 la valeur ajoutée de Transrail était de 2 milliards de F CFA ce qui veut dire, selon eux, que cette recette n’arrive même plus à couvrir la masse salariale. Conséquence : des cumuls d’arriérés de salaire sont aujourd’hui monnaies courantes à Transrail-SA.

Cette difficulté de trésorerie a amené le conseil d’administration de la société à aller vers un « licenciement économique ». Un licenciement qui apparaît aujourd’hui imminent dans la mesure où Transrail enregistre une dette de plus de 10 milliards de F CFA. Pis, elle fait face à une créance de plus 11 milliards de F CFA.

Dans son plan de sauvetage, expliqué par les conférenciers, la société Transrail sur instruction de son conseil d’administration entend réduire des charges d’exploitation par la diminution de l’effectif de son personnel (376 sur 1468 agents sont visés par le licenciement) ; exécuter un programme d’investissement et recapitaliser la société.

Aussi le plan de sauvetage prévoit, selon Eric Peiffer, la mise en œuvre d’un cadre légal et contractuel de la concession. Cependant, il a regretté la décision des syndicats de rompre toute relation avec son équipe.

Amadou Waïgalo

01 Avril 2009