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Difficultés liées à la gestion des personnes, dépenses superflues, détérioration du climat social, déficit du matériel de travail… sont des problèmes auxquels la société Transrail est confrontée. Le Syndicat des travailleurs du rail (Sytrail) alerte et lance un appel pressent au gouvernement malien pour sauver la société binationale (Mali-Sénégal). La mauvaise gestion de la direction générale, dit-il, ne doit pas retomber sur les travailleurs.

La société Transrail continue sa descente aux enfers. Et si rien n’est fait d’ici le 31 décembre 2012, ses travailleurs risquent de connaître une mauvaise passe due, entre autres, à la mauvaise gestion de sa direction.

Mahamane Thienta, secrétaire général du Sytrail, Modibo Sidibé, secrétaire administratif étaient face à la presse samedi dernier à la Bourse du travail pour informer l’opinion nationale et internationale sur les déboires que la société connaît depuis sa privatisation il y a dix ans.

Les conférenciers ont fait la genèse de la privatisation des chemins de fer et touché du doigt l’énorme sacrifice fait par le personnel des deux chemins de fer (763 cheminots). Toutefois, affirme M. Thienta, « les objectifs n’ont jamais été atteints« malgré l’arrivée de trois actionnaires de référence : Canac-Getma, Savage et Advens et la nomination de cinq directeurs, qui, révèle-t-il, a favorisé la « dilapidation du capital social et des richesses engendrées par le trafic« . Pis, le plan de sauvetage fait par les partenaires sociaux n’a jamais été pris en compte par la direction générale de Transrail, regrette le secrétaire général.

Ne trouvant pas la moindre solution, les problèmes de trésorerie récurrents ont amené la direction à aller dans le règlement préventif qui assurait à l’entreprise une certaine garantie contre ses créanciers jusqu’au 31 décembre 2012. Le retrait de l’actionnaire de référence Advens et la reprise du chemin de fer par les Etats décidée en 2010 à Dakar n’ont été que de la poudre aux yeux.

A en croire le SG, à cause de la lenteur gouvernementale, le manque de vision de l’actionnaire de référence, de la direction générale, les outils de travail se dégradent de jour en jour sans qu’aucune solution d’approvisionnement en pièces de rechange et de maintenance soit proposée et adoptée.

L’autre grief fait à la direction de Transrail par les conférenciers, c’est le non reversement des cotisations sociales à l’INPS (2 milliards de F CFA) entraînant un arrêt de paiement des allocations familiales pour les travailleurs.

« L’Etat a mis plus de 13 milliards de F CFA pour l’acquisition du matériel voyageur, mais le copinage et le favoritisme font que le trafic est aujourd’hui au plus bas des recettes« , souligne le SG. « Sur les trois locomotives acquises, seule une est opérationnelle. La direction générale entretient un climat délétère entre les principaux acteurs des syndicats. Chose, regrette-t-il, qui ne favorise pas une bonne cohabitation entre les travailleurs et diminue la production« .

Les cheminots exigent que la direction annule les mutations arbitraires, la levée de la mesure à l’égard du personnel suspendu, le retrait de la direction générale des mouvements syndicaux, le paiement des allocations familiales… Les syndicalistes affirment mener la pression jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Amadou Sidibé

16 Juillet 2012