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S’il y a un secteur qui a besoin d’être réhabilité de nos jours, c’est bien celui du Transport, particulièrement le volet navigation. Néanmoins, en tant que pays enclavé, le Mali dispose d’un important trafic fluvial.

Mais la Compagnie Malienne de Navigation (CO.MA.NAV), qui assure le transport fluvial depuis près de quatre décennies entre Koulikoro et Gao, a encore du mal à retrouver ses marques, encore moins prendre son essor, malgré l’engagement pris par le ministère de donner une nouvelle dynamique à ses services.

Quand est-ce que le secteur du transport fluvial connaîtra-t-il une vraie promotion, un secteur qui représente pourtant un des axes majeurs sur lesquels repose le PDES initié par le Président de la République?

Une mort à petit feu?

Au regard du constat actuel, on est en droit d’affirmer que depuis plusieurs années déjà, la Compagnie Malienne de Navigation entame, hélas, une mort à petit feu. Créée par la Loi N° 68/37/DL-RM du 20 Juin 1968, et régie par l’Ordonnance N° 91014/CTSP du 18 Mai 1991, la CO.MA.NAV. possède un capital social d’un milliard cinq cent millions de FCFA.

La principale mission qui lui est assignée consiste à oeuvrer pour assurer la desserte intérieure et extérieure du pays par voie fluviale. mais compte tenu de l’ampleur de ses charges, les activités saisonnières constituent un sérieux handicap pour la société.

Jusqu’en 1994, les activités de la Compagnie comprenaient, entre autres, la navigation fluviale, le chantier naval, le transit. L’une des principales difficultés de la Compagnie est surtout liée à sa nature et son évolution.

En effet, dans les années 1960-1970, la navigation s’étendait sur 8 à 9 mois (mi- Juillet à mi-Mars). A partir des sécheresses des années 1974-1977, cette durée n’a cessé de diminuer. Si bien qu’aujourd’hui, la période de navigation ne s’étend plus que sur 4 à 5 mois (Août-Décembre).

D’abord, une promesse non tenue

Dans les actions qu’il envisage d’entreprendre, le ministère des Transports avait promis aux Maliens une réhabilisation de la compagnie, en laissant entendre que l’année 2008 verra le démarrage effectif des actions de cette réhabilisation.

Une réhabilitation qui, expliquait-il, passe d’abord par le recouvrement des créances que les chiffres avancés portent à 948 467 184 FCFA et qui permettrait une relance de la trésorerie de la Compagnie.

Mais d’ici la réalisation de cette ambition, les Maliens s’accordent à constater que cette société est malade. D’où des propositions avancées par bon nombres de citoyens.

Selon certains d’entre eux, la réhabilitation de la Compagnie passe aussi par l’acquisition de bâteaux tirant l’eau qui permettra la relance de l’activité de navigation, en attendant la mise en oeuvre des actions de dragage et de balisage du chenal navigable.

Cette approche pourrait s’avérer bien payante pour le Mali, surtout que l’année verra également la reprise de la navigation sur le fleuve Sénégal.

Si les autorités accordent une attention particulière à ce secteur, il y aura sûrement du bonheur des populations situées le long de nos fleuves.

En effet, des milliers de personnes vivent du commerce sur le chenal navigable entre Koulikoro et Gao. Mais avec l’arrêt des bâteaux du au manque d’eau et en l’absence de toute flotte légère pour la continuité du transport le long de ce trajet, personne ne peut mesurer le degré de la souffrance de ces populations.

C’est pourquoi ces populations souhaitent l’arrivée d’une flotte légère pour mettre fin à leur calvaire. Le ministre de l’Equipement et des Transports pourra t-il réussir le challenge en mettant cette flotte en marche ?


Laya DIARRA

30 Mai 2008