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L’Association malienne des agences de voyage et de tourisme (Amavet) sous l’égide de la Fédération inter-Etats des syndicats des agences de voyage et de tourisme (Fisavet) a organisé le 4 août dernier un point de presse à Bamako pour informer l’opinion sur la décision unilatérale prise par Air France d’imposer un nouveau modèle de rémunération aux agences de voyage de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« La Fisavet-AOC s’oppose fermement et avec la dernière énergie à la mise en place du nouveau modèle qu’Air France tente d’imposer aux agences de voyage, c’est-à-dire 7 % de commission hors taxes sur la vente des billets au lieu de 9 % comme cela a toujours été le cas et avec toutes les compagnies aériennes », a attaqué Mme Cissé Fatoumata Kouyaté, présidente de l’Amavet.

Si rien n’est fait, continuera-t-elle, cela va aboutir à une situation catastrophique au triple plan économique, politique et social pour les pays de l’Afrique de l’Ouest et du centre. « Nous assisterons à la fermeture en cascade et inévitable de nos agences de voyage avec des conséquences fâcheuses comme le chômage, la criminalité, le déséquilibre politique et le renchérissement du coût des voyages dans notre zone », a ajouté Djibril Baba Tabouré de l’Amavet.

Dénonçant ce comportement « peu orthodoxe », les conférenciers ont démontré qu’Air France, par sa décision, augmente délibérément le prix des billets sous prétexte de hausse du prix du pétrole. « Son modèle consistera donc à faire payer aux pauvres passagers des charges supplémentaires », a expliqué Mme Cissé pour qui, le motif invoqué est la perte de la rentabilité.

« Il nous faut voir le dernier bilan pour être convaincu des affirmations d’Air France », a soutenu Djibril Baba Tabouré. Selon lui, plusieurs autres compagnies qui exploitent les mêmes lignes notamment Afrique-Paris accordent aux agences 9 % de commissions et sont prêtes, précisera-t-il, à donner 12 %. « Pourquoi alors Air France tente de revoir à la baisse notre droit ? » s’est-il interrogé.

Pour les conférenciers, les autorités nationales doivent s’impliquer pour décrisper la situation : en instruisant à Air France de surseoir à sa décision et de favoriser le dialogue comme ce fut le cas au Congo. Aux dires de M. Tabouré, le Sénégal, qui a intenté un procès à Air France en 2002, a gagné après une multitude d’appels interjetés par la compagnie aérienne française.

Pour Mme Coulibaly Niania Simaga, les membres de la Fédération inter-Etats des syndicats des agences de voyage et de tourisme de l’Afrique de l’Ouest et du centre (Fisavet-AOC), réunis à Abidjan au mois de mai dernier, ont décidé de dire non au nouveau modèle de rémunération proposée par Air France, de renouveler leur confiance au comité ad hoc désigné par Fisavet pour conduire le dialogue avec Air France sur la pomme de discorde, d’exiger d’Air France l’arrêt immédiat de l’intoxication de ses membres et de l’avertir qu’au cas où le dialogue n’aboutit pas la Fisavet prendra les mesures qui s’imposent.

En attendant, fondant un espoir pour une issue heureuse, les conférenciers ont affirmé avoir confiance aux autorités du Mali pour leur implication dans le dossier.


Idrissa Sako

05 Aout 2008