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Le mot corruption date du XII siècle du Latin corruption. La corruption est un moyen que l’on emploie pour faire agir quelqu’un contre son devoir, contre sa conscience. On emploie la corruption pour détourner quelqu’un de son devoir.

Selon Montesquieu dans l’esprit des lois il y a deux genres de corruption. L’un lorsque le peuple n’observe point les lois, l’autre lorsqu’il est corrompu par les lois.


Deux sortes de corruption

Il existe deux sortes de corruption. Celle active qui repose sur l’action de corrompre. L’autre passive a pour objet de se laisser corrompre. Ces deux sortes de corruption sont pratiquées par les fonctionnaires et les usagers des services publics. Comme disait le philosophe «afin de corrompre le peuple on le peint corrompu».

Le phénomène est devenu un fléau national chez nous où la corruption ronge l’économie du pays. Au Mali, le bilan de la corruption est lourd : le rapport de la Banque mondiale 1998, intitulé les lignes de la corruption, a décelé 21 milliardaires démocrates.

Selon Transparency International, dans son rapport 2007, le Mali est classé 118è pays parmi les plus corrompus du monde sur 179 pays classés.

Les secteurs les plus touchés par la corruption au Mali sont : les Douanes, les Impôts, le Trésor public, les Banques, les Marchés publics, la Justice, la Police, la Gendarmerie et l’Ecole. Les différents Chefs d’Etat, qui se sont succédé à la tête du pays, ont chacun à leur façon essayé d’éradiquer le mal. Mais hélas ! La suite on la connaît.

Le vent de la lutte contre la corruption emporta la Commission constituée pour la circonstance. Un juge anti- corruption nommé, aujourd’hui ambassadeur dans un pays voisin, ne saurait démentir notre assertion.

En quelques années d’exercice, il aurait amassé une immense fortune avec sept jolis appartements en Europe. Un ancien ministre de la République, bombardé aujourd’hui à la tête d’une importante institution, surnommé par ses détracteurs monsieur 10%, serait propriétaire de 52 lots à l’Agence de Cessions Immobilières (ACI), un immeuble en Floride, un compte bancaire au Liban, de quelques milliards. Ce n’est pas tout. Le pays se meurt tandis que la corruption fait des plus corrompus les plus fortunés.

Un autre phénomène amplifie la corruption. C’est la politisation des services pourvoyeurs de sous. La rumeur publique assure que le secteur informel est alimenté par les douaniers, les banquiers. Ils représentent les bailleurs de fonds des partis politiques.

Vantant devant nous les mérites des douaniers membres d’un parti politique de la place, un intellectuel admettait volontiers que : «Tous étaient très corrompus, mais ma sympathie allait vers celui qui avait beaucoup fait pour sa localité.»

La majorité des gouvernements du Mali souffre d’une crise de légitimité. Toute chose qui facilite la corruption à grande échelle. A cela s’ajoute la précarité des régimes politiques qui accélèrent le phénomène. Il est donc nécessaire de s’enrichir vite, très vite.
En créant des banques ou en mettant son argent à des anonymes pour faire des affaires.

Plus sûr que les banques suisses. Les murmures de Bamako rapportent que la fortune d’un ancien président est supérieure à celle du budget de l’état. Pourtant, ceux qui confondent l’argent de l’Etat et celui de leur poche, n’ont fait qu’appauvrir leur pays ces quinze dernières années. Où sont donc passés Transparency Mali et le Réseau des journalistes de lutte contre la corruption ?

Safounè KOUMBA

14 Juillet 2008