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Une quarantaine de partis et groupements politiques entend faire bloc pour faire respecter non seulement le délai de 18 mois imparti aux autorités de transition mais aussi le calendrier électoral déjà établi.

En principe, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga doit présenter le Plan d’action du gouvernement (PAG) devant le Conseil national de Transition (CNT) ce vendredi. Avant cette séance très attendue, les responsables d’une quarantaine de partis et regroupements politiques ont décidé de clarifier leur position sur la conduite du processus de Transition.

Parmi eux, nous pouvons citer la présence de certains ténors de la scène politique malienne comme Soumeylou Boubèye Maïga de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (Asma-CFP), Bokary Tréta du Rassemblement pour le Mali (RPM), Tiémoko Sangaré de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ). 

En outre, Housseini Amion Guindo de la Convergence pour le développement du Mali (Codem), l’ancien Premier Moussa Mara et bien d’autres figures politiques de notre pays étaient présentes.  
Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une rencontre tenue lundi dernier dans un hôtel de la place, ces responsables politiques ont décidé de soutenir les initiatives visant à instaurer et renforcer la cohésion sociale, la stabilité et la sécurité du pays. 

Pour ces responsables politiques, c’est le prochain pouvoir issu des élections générales de fin de Transition qui devra impérativement travailler dans un esprit de rassemblement et d’inclusivité et conduire de profondes réformes. à cet effet, ils ont affirmé sans ambiguïté leur attachement « au respect scrupuleux de la période de la Transition et donc de la date retenue pour les prochaines élections générales (présidentielles et législatives), à savoir le 27 février 2022.

Aussi, ces partis et regroupements politiques ont demandé aux autorités de la Transition de confirmer leur engagement à respecter ces échéances par la publication d’un chronogramme détaillé de tâches allant dans ce sens et par l’abandon « de tout projet susceptible de mettre en cause ce délai ». Aussi, ont-ils décidé de mettre en place un mécanisme de suivi de ladite déclaration. 

Pour l’ex-Premier ministre, Moussa Mara, la Transition est une période exceptionnelle qui doit être courte. Faire durer la Transition, a-t-il estimé, n’est dans l’intérêt de personne. Pour lui, la prolongation de la transition peut altérer le climat social, politique et même sécuritaire. 

L’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, préviendra que notre pays pourrait, s’il y a rupture de processus, rentrer dans une zone de turbulences qui n’est le souhait de personne. Aussi, cette réunion se tient-elle dans un contexte où les acteurs politiques maliens n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur l’épineuse question de la mise en place de l’organe unique de gestion des élections. 

Sur ce sujet, le président de l’Asma-CFP a déclaré « qu’ils s’en tiennent » aux conclusions tirées par les participants de l’atelier organisé, fin juin sur la question, par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Soumeylou Boubèye Maïga rappelait ainsi qu’au terme des travaux de cette session, les participants ont été unanimes pour la création d’un organe unique et indépendant chargé de la gestion des élections. 

Toutefois, pour diverses raisons évoquées, notamment le délai restant de la Transition, une large majorité des participants avait estimé que son effectivité ne sera pas possible immédiatement. 
Quelques jours après, profitant d’un cadre d’échanges avec la classe politique, le Premier ministre s’est vu dans l’obligation de donner des clarifications face à la polémique qui enflait sur une « prétendue contradiction » au sein du gouvernement sur la création de l’organe unique. 

Selon Choguel Kokalla Maïga, ce sont les « autres qui ont interprété » le sens du travail du ministre de l’Administration territoriale en faisant croire qu’il y avait une fissure dans le gouvernement. « Il ne saurait y avoir de fissure dans le gouvernement, dès les premiers jours où j’ai affirmé clairement qu’il y aura l’organe unique», avait tranché le chef du gouvernement. 

Oumar DIAKITÉ

Source: L’Essor