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Au Soudan, le dialogue de sourds continue entre les civils et les militaires autour d’un plan de transition. En effet, si les représentants de la contestation se montrent favorables aux propositions de la médiation éthiopienne en branle depuis le carnage du 3 juin dernier, il en va autrement pour les militaires qui tiennent au contrôle du pouvoir. La preuve est que le Conseil militaire de transition a rejeté à demi-mots, le 23 juin dernier, la proposition du médiateur éthiopien, de « la mise en place d’une instance composée majoritairement de civils, pour assurer une transition politique ». Pour le porte-parole de l’armée, le lieutenant-général Shams-Eddin Kabashi, « cette proposition éthiopienne ne correspond pas à ce qui avait été discuté » et il demande à ce que le facilitateur éthiopien et celui de l’Union africaine (UA) se concertent pour proposer un plan commun. De façon plus précise, Addis-Abeba propose une instance de transition constituée de 15 personnes, avec huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, qui, faut-il le rappeler, avait marqué son accord, la veille, à cette recette éthiopienne. C’est dire si progressivement, la transition politique soudanaise est en train de devenir un serpent de mer.LEPAYS