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«Au niveau du Collectif des patriotes, nous avons décidé d’exiger la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Et pour cela, nous avons décidé d’initier des meetings d’information et des marches». L’information a été donnée par Mankan Konaté, Président du Collectif des patriotes (COPA), au cours d’une conférence de presse organisée le 14 octobre 2012, à la Maison de la Presse.

Le Collectif des patriotes dirigé par notre confrère Mankan Konaté, pense que le moment est arrivé pour demander au Premier ministre Cheick Modibo Diarra de rendre le tablier, avant qu’il ne soit trop tard. « Au niveau du Collectif des patriotes, nous avons décidé d’exiger la démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra et pour cela, nous avons décidé d’initier des meetings d’information et des marches ». C’est par ces propos qui ne souffrent d’aucune ambigüité que Mankan Konaté, au nom de son association, s’est adressé aux journalistes.

Pour la circonstance, il était accompagné de trois autres responsables du bureau national du COPA : Ibrahim Traoré, secrétaire administratif ; Ami Koné, secrétaire à l’organisation et de Mamadou Diallo, secrétaire général. Il a ajouté que leur demande de démission du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, est motivée par un certain nombre de gaffes qu’il a commises, en plus de sa propension à procéder à une restauration systématique du régime du général Moussa Traore. « Nous sommes aujourd’hui, convaincus que Moussa Traoré et Mariam dirigent le Mali à travers Cheick Modibo Diarra », a-t-il dénoncé, avant d’énumérer la longue liste de ce qu’il considère comme les gaffes du Premier ministre et qui justifie son départ de la Primature.

A travers la voix de son Président Mankan Konaté, le Collectif des Patriotes du Mali, reproche à Cheick Modibo Diarra de s’être arrogé le droit d’écrire à la cour constitutionnelle du Mali pour lui demander la prorogation de deux semaines de l’intérim du Professeur Dioncounda Traoré. Selon le COPA, cette démarche du Premier ministre, loin de se préoccuper du sort du Mali, visait, à l’époque à lui donner le temps d’organiser une concertation qui allait lui élargir ses pouvoirs et remercier Dioncounda Traoré. « Mais, la cour constitutionnelle du Mali, vigilante, a répondu que Dioncounda restait Président jusqu’à l’organisation des élections. Cette décision a été cachée aux maliens », a-t-il dénoncé.

La restauration est-là

Le COPA accuse le Premier ministre d’avoir mis en place un Comité technique composé des ses proches pour en vue de prendre les concertations nationales en otage. Le COPA, au titre de la troisième gaffe de Cheick Modibo Diarra, met le doigt sur sa volonté de restaurer le régime de Moussa Traore, en tout cas ce qu’il reste encore de cette période sombre de notre histoire commune.

Selon le COPA, la matérialisation de cette initiative est la nomination à tour de bras des responsables du MPR, de son parti et des proches de Moussa Traoré et de Mariam. Pire, il a annoncé que des émissaires de Cheick Modibo Diarra sont actuellement en train de sillonner le pays pour renforcer son parti, en prévision de sa démission avant la fin de la transition pour pouvoir se donner la chance d’être candidat. Mankan Konaté et ses camarades du COPA sont aussi convaincus que dans la réalisation de son ambition inavouée, le Premier ministre s’est attaché les services du Haut conseil islamique, à travers son Président Mahamoud Dicko, qui ne roule que pour lui.

Et pour boucler la boucle, Mankan Konaté dira que depuis la mise en place du Gouvernement dit d’Union nationale, rien n’a été fait pour mettre l’armée malienne dans les conditions de reconquête de nos territoires au Nord du pays. « Rien n’est fait pour la libération du nord et pour l’organisation des élections. Tout est bloqué », a-t-il dénoncé. Avant de s’élever contre les augmentations du prix du gaz et du carburant. « Nous assistons à des coupures intempestives d’électricité, parce que les fournisseurs d’hydrocarbure n’arrivent pas à se faire payer », a-t-il indiqué. En plus de l’incapacité du gouvernement de faire face a l’orientation des diplômés du DEF, Mankan Konaté à dénoncé les nominations à la pèle.

« Nous n’avons rien contre la constitution des cabinets ministériels, mais nous dénonçons la destitution systématique de directeurs de services et leur remplacement par des militants du parti de Cheick Modibo Diarra ou par des proches de Moussa Traoré et de Mariam. « Face a tout cela, nous invitons Dioncounda Traoré à prendre ses responsabilités en tant que Président, car son silence est coupable », a-t-il conclu.

Assane Koné

Le Républicain du 16 Octobre 2012


Le Copa charge le gouvernement de transition : « Cheick Modibo est incapable, il doit démissionner ! »

Restauration des anciens dignitaires du régime de la dictature Moussa Traoré, promotion de son clan et de son parti, instrumentalisation du Haut conseil islamique, décisions impopulaires, esprit de revanche contre le mouvement démocratique, flambée vertigineuse du prix des denrées de première nécessité, économie aux abois, etc. Pour le Collectif des organisations patriotiques (Copa), qui dresse un tableau sombre du bilan du Premier ministre, « le peuple malien doit se mobiliser pour la démission du Premier ministre ».

Alors qu’il y a quelques jours les militants du front anti-putsch (FDR) lui faisaient allégeance, et exprimaient leur soutien au gouvernement de transition qu’ils ont intégré depuis le 20 août, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra est lui de faire l’unanimité au sein de certains regroupements politiques et de la société civile.

Au Collectif des organisations patriotiques, (réputé proche de l’ex-junte), on se ne fait pas l’allusion : « Le chef du gouvernement est loin de répondre aux attentes du peuple malien face à ses missions prioritaires : la reconquête du territoire et l’organisation de prochaines élections ». La révélation a été faite ce dimanche 14 octobre par son président, Makan Konaté, à la faveur d’une conférence organisée à la Maison de la presse.

Une dizaine de griefs formulés par le regroupement pro junte contre le patron du gouvernement que le Copa qualifie d’apprenti de l’administration. « Les défis sont tellement nombreux et difficiles qu’on n’a pas besoin de quelqu’un qui apprend la conduite de l’Etat », remarque le président du Copa, pour qui le chef du gouvernement a commis de nombreuses gaffes qui ont fragilisé le tissu social et la confiance entre le peuple malien.

Makan Konaté en veut pour preuve la lettre adressée en mai dernier par Cheick Modibo Diarra à la Cour constitutionnelle demandant la prolongation de deux semaines du délai de l’intérim de Dioncounda Traoré. Jusqu’à l’agression du celui-ci le 21 mai dans son bureau, la réponse des « 9 Sages » de la Cour constitutionnelle à cette requête a été maintenue au silence par le Premier ministre. Pour le Copa, il y a véritablement une volonté délibéré d’empirer la polémique au moment où c’était déjà tranché par la Cour constitutionnel.

« Un Premier ministre incapable sur toute la ligne »

Le comité technique d’organisation des « concertations nationales » est objet à discorde entre le Copa et le chef du gouvernement. Pour le regroupement pro junte, les critères de choix des membres de ce comité reste à édifier et viole l’esprit d’union nationale recherchée aujourd’hui par tous les Maliens.

« Ce Comité, nous l’avons constaté, est constitué d’amis et intimes du Premier ministre. Or, leur tâche est d’autant plus sérieuse que Cheick Modibo ne peut pas tout résumer à a sa seule personne. Ceci est inadmissible », a asséné le président du Copa, qui explique que si la nomination de l’ex pensionnaire de la Nasa a suscité de l’espoir chez les Maliens, six mois après le bilan est des plus décevants.

L’un des griefs retenus par le Collectif des organisations patriotiques contre le chef du gouvernement, c’est aussi les nominations à tour de bras de cadres issus de l’ex-dictature sous Moussa Traoré, de parents de sa femme, l’ex-Première dame Mariam Sissoko ou encore de son parti (le RdPM), dont le vice-président, Yaranga Coulibaly hérite du prestigieux portefeuille de l’Agriculture dans le gouvernement du 20 août dernier. Pour le Copa, la restauration est en marche, la revanche de Cheick Modibo Diarra contre le Mouvement démocratique ne fait l’ombre d’aucun doute.

Le Copa d’ajouter que le bilan du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, c’est aussi, la souffrance des Maliens après la flambée brutale du prix des produits de première consommation : eau et électricité, gaz, carburant, etc. Pour le président du Collectif des organisations patriotiques, le Premier ministre n’a plus la confiance des partenaires du Mali. « Son incapacité à trouver les initiatives pour assoupir les souffrances des ménages est évidente », a martelé Makan Konaté.

L’aide chinoise bloquée

Au moment où une partie des armes du Mali était bloquée dans les ports de certains pays voisins, une folle rumeur a fait le tour de Bamako. Il s’agit de cette mission de Seydou Badian Kouyaté en Chine en vue de convaincre les autorités d’appuyer le Mali en armements pour faire face au défi de la reconquête du territoire.

L’ancien compagnon du président défunt Modibo Kéita, qui garde de très bonnes relations avec les autorités chinoises, a eu l’accord de principe du gouvernement Hu Jintao. Le document officiel qui devait formaliser cette demande, a été malheureusement bloquée par le Premier ministre, en l’absence du président Dioncounda Traoré qui était en soins à Paris. L’information, qui nous a été confirmée par l’entourage de Seydou Badian, provoque aujourd’hui la colère et l’indignation de nombreux Maliens. Et le Copa de qualifier ce refus injustifiable, et qui traduit des intentions inavouées du Premier ministre.

Joint par nos soins, des proches du Premier ministre se refusent de commenter ces allégations. Au Haut conseil islamique, accusé par le Copa d’« embarquer les musulmans dans les querelles politiciennes et de cirer les bottes du Premier ministre, on opte pour le silence. Pour les membres contactés, il faut consolider l’élan de stabilité et éviter les polémiques ».

Mais pour le Copa, le maintien de cette stabilité passe par l’état des lieux des actions de Cheick Diarra. Et au regard de ce qu’ils qualifient d’imperfections, d’amateurisme dans la gestion du pays, les militants du Copa réclament la démission du Premier ministre. Le regroupement pro-junte, qui prévoit une série d’actions dans la rue, interpelle le président par intérim, Dioncounda Traoré, à prendre ses responsabilité. « S’il ne le fait, c’est le peuple malien qui le fera », prévient Makan Konaté.

Issa Fakaba Sissoko

L’Indicateur du Renouveau du 16 Octobre