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Le Mali n’a besoin d’aucune autorisation d’aucune institution pour déclarer et mener la guerre de libération de son territoire. C’est une question exclusive de souveraineté nationale. Que faudrait-il penser du mépris de certains responsables de la Cédeao vis à vis du Mali en cette période extrêmement difficile pour nos populations ?

Dioncounda ou course contre la montre. Quelle excuse un Président de la République, Chef de l’Etat, même par intérim, Chef Suprême des Armées, peut-il avoir s’il n’a pas les capacités de rassurer, de mettre en confiance, de faire confiance à l’Armée du Peuple dans le cadre de l’exercice de ses hautes fonctions que le Peuple lui a déléguées,

– Quelle excuse un Président de la République, Chef de l’Etat, même par intérim, peut-il avoir, s’il n’a pas les capacités de se donner les moyens intellectuels, humains, spirituels de se positionner en véritable Chef qui dirige, coordonne et impulse harmonieusement les activités des différentes institutions, malgré tous les pouvoirs que le Peuple lui a délégués.

Quelles excuses un Premier Ministre, même de transition, même doté de « pleins pouvoirs», peut-il avoir s’il n’a pas les capacités intellectuelles, humaines, spirituelles de créer les conditions de l’harmonie et de la solidarité gouvernementale, de performance des activités pour le bien-être des populations, même dans le cadre d’un attelage d’union nationale avec des ministres aux profils, parcours et origines très différents.

Quelles excuses peut avoir un Premier Ministre qui n’a pas les capacités de se créer les conditions de la subordination fonctionnelle au Président pour une performance opérationnelle des actes à poser au profit du peuple qui a délégué ses pouvoirs

Quelles excuses peuvent avoir un Parlement, qui, malgré son statut de Représentation directe nationale, ne se donne pas les moyens de connaître des décisions et actions de l’exécutif pour le contrôle desquelles le Peuple doit être informé.

Quelles excuses peut avoir une armée, qui malgré tous les pouvoirs que le Peuple lui a délégués, n’a pas les capacités humaines, intellectuelles, matérielles et spirituelles de Protéger les populations et leur espace physique au point que celles-ci se trouve exposées à la furie meurtrière d’étrangers qui les tuent, les violentent, les humilient et occupent leur territoire. Quelles excuses ?

Quelles excuses peut avoir une armée, même putschiste, qui malgré tous les pouvoirs que le Peuple lui a délégués en les retirant au premier groupe qui a failli, si elle n’a pas les qualités intellectuelles, humaines et spirituelles, de se soumettre à l’autorité politique (publique) même de transition qui est délégataire provisoire mais légal du pouvoir exécutif du Peuple.

Quelles excuses peuvent avoir des partis politiques, des syndicats, des associations, ou mêmes des particuliers….qui ne ratent aucune occasion d’exacerber les conflits et les divisions entre les différentes stations des pouvoirs que le Peuple a délégués, allant jusqu’à indisposer et humilier l’Armée du Peuple profondément endeuillée et encore choquée par les tueries atroces subies par ses soldats du fait d’un commandement défaillant à Aguel Hoc, pour garantir la sécurité du Peuple et des institutions qu‘il s‘est choisi et l’intégrité de son territoire conformément au pouvoirs de sécurité et de défense de la nation que le Peuple n’a confié ni à la CEDEAO encore moins à l’ONU qui restent et demeurent néanmoins des institutions précieuses et respectables dont le Mali est fier d‘être un membre modèle.

Aucun peuple au monde ne l’a jamais fait, le Mali ne l’expérimentera pas, parce que le Peuple ne peut confier sa sécurité et sa défense qu’à une armée qui lui appartient, qui émane de lui, qui sait souffrir à sa place parce que moulée dans la même chair, irriguée par les mêmes veines et soumise à la même Constitution

Le Mali n’a besoin d’aucune autorisation d’aucune institution pour déclarer et mener la guerre de libération de son territoire. C’est une question exclusive de souveraineté nationale. Dioncouda peut-il réussir là ou ATT a échoué ? La question mérite d’être posée car notre pays fait l’objet d’une convoitise des grandes puissances.

Il est bon de rappeler, pour que nul n’en ignore, que le peuple du Mali a confié, de manière souveraine, sa sécurité, celle de ses biens et de ses ressources ainsi que la défense de son territoire à l’armée nationale et républicaine du Mali sous l’autorité du président de la République, chef de l’état et chef suprême des armées

L’exigence de compétence du responsable est plus forte aujourd’hui et se mesure à ses capacités de réussir sa mission conformément aux pouvoirs délégués par le Peuple pour résoudre les problèmes nés du contexte exceptionnel de crise.

Tous ces manquements notés à ces différents niveaux de responsabilité sont symptomatiques d’incompétences caractérisées de la part de leurs auteurs qui desservent les intérêts supérieurs de la Nation malienne et qui méritent d‘être sanctionnées parce que l‘ignorance, l‘oubli, la partialité ou la négligence ne sont pas des excuses recevables surtout dans le contexte actuel de crise.

C’est se tromper lamentablement que de penser que de tels manquements seront passés par pertes et profits. Toutes les responsabilités seront situées le moment venu, parce qu’il est très facile pour une justice indépendante de déterminer les responsabilités de tous et de chacun et de faire appliquer la sanction adéquate.

Chercher à opposer l’armée, les Institutions de la République et le Peuple est une démarche dangereuse et criminelle qui ne peut s’expliquer que par l’ignorance pathologique ou l’absence de patriotisme; deux défaillances majeures suffisantes pour priver son sujet de responsabilités publiques même dans l’espace privé.

Il appartient à M. le procureur de la République de faire preuve de vigilance et de s’autosaisir chaque fois que des propos ou actions seraient susceptibles de mettre en péril la cohésion, la sécurité, la dignité et la souveraineté du Mali.

Gare à nous tous quand le Peuple décidera de reprendre tous ses Pouvoirs.

Si le choix du Peuple malien est de poursuivre le processus inachevé et fragile de la construction d’une société prospère, équilibrée et de justice sociale, organisée autour d’un système démocratique, alors commençons tous à travailler maintenant dans le sens d’une collaboration active et sincère entre les différentes institutions dans le respect strict des principes et règles établis par la Constitution et dans la restauration de la confiance, du respect entre les différentes institutions et l’armée nationale.

Ainsi l’autorité politique pourra s’exercer normalement sur l’armée qui, à son tour se soumettra obligatoirement et dans la discipline à l’autorité parce qu’elle est nationale et républicaine.

C’est contreproductif de toujours tirer à boulets rouges sur l’armée du peuple tout en caressant dans le sens du poil le Président de la République ou (et) le Premier Ministre. Ainsi s’en sera finie de la démocratie malienne, n’en déplaise à la CEDEAO, à l’U.A ou à l’ONU.

Ils oublient ou font semblant d’oublier qu’on ne parle jamais d’Armée par intérim ou de Transition. Il ne peut y avoir de démocratie solide sans une Armée Forte Nationale et Républicaine.

Boniface Dembélé

L’Enquêteur du 21 Septembre 2012