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« C’est en vue de donner plus de cohésion et de tonus à l’action gouvernementale en cette veille de grand défi pour la nation que le Premier ministre, Diango Cissoko a jugé bon de procéder à un réaménagement de son attelage gouvernemental. Sans oublier aussi qu’il y avait d’énormes problèmes autour de certains ministres comme celui de l’Economie, des Finances et du Budget ». Ce sont là les raisons avancées par la présidence de la République et la Primature pour justifier le réaménagement de l’équipe gouvernementale.

Le premier réaménagement du gouvernement Diango Cissoko est intervenu le samedi soir à quelques 36 jours du premier tour de la présidentielle. Pas de départ ni de rentrant, mais 5 ministres des 30 membres du gouvernement changent de portefeuilles. De nouveaux départements sont créés avec l’éclatement de certains ministères.

Ainsi, Mamadou Namory Traoré, précédemment ministre du Travail, de la Fonction publique chargé des Relations avec les institutions, devient chef du département de l’Economie et de l’Action humanitaire. Il laisse son département à Me Demba Traoré, anciennement ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine.

Un jeu de chaises musicales

Le successeur de Me Demba Traoré s’appelle Marimpa Samoura, qui était ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances et du Budget, chargé du Budget. Les Finances constituent désormais un département à part entière et son chef est Abdel Kader Konaté dit Ampé, précédemment ministre de l’Industrie et du Commerce.

Il laisse ce département dans les mains de Tiéna Coulibaly, anciennement ministre de l’Economie, des Finances et du Budget.

Comme on peut le constater, l’attelage gouvernemental n’a pas été bouleversé, seulement le ministère délégué chargé du Budget a disparu. Aussi, l’Action humanitaire a été détachée du département de la Solidarité et des Personnes âgées. De même, l’Economie s’est séparée des Finances.

En somme un jeu de chaises musicales entre des membres du gouvernement. Mais derrière ce jeu de chaises musicales se trouve une réelle volonté du chef de l’exécutif, Diango Cissoko, de donner plus de cohésion et de détermination à l’action de son gouvernement, expliquent ses services. « Une cohésion et une détermination nécessaires pour relever le grand défi qui est la tenue de la présidentielle le 28 juillet prochain. C’est un défi qui met notre pays sous les feux des projecteurs de la communauté internationale » insiste-t-on.

Le problème Tiéna Coulibaly

Il s’agit aussi de donner confiance aux partenaires techniques et financiers du pays en vue de la bonne exécution des nombreux programmes qu’ils ont pour le Mali. Ce réaménagement gouvernemental devrait aussi permettre aux départements concernés par l’organisation des élections et la gestion de la situation sécuritaire de disposer des ressources nécessaires pour faire face à leurs missions.

Ce n’est un secret pour personne que le gouvernement traversait des blocages à cause de profondes dissensions sur la gestion de certains dossiers et le ministre Tiéna Coulibaly est pointé du doigt comme la raison principale de ces problèmes. À la Primature, on révèle que « presque tout le monde se plaignait du ministre sortant de l’Economie, des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly ». « De la présidence à la Primature en passant par les départements ministériels, Tiéna Coulibaly, avait commencé à donner des soucis à tout le monde. Inutile de parler de ces nombreux dossiers qui étaient en souffrance au niveau du gouvernement par le fait du ministre Coulibaly » explique notre source qui rappelle que comme une équipe de football, on peut apporter à tout moment des « retouches à un gouvernement » pour renforcer son efficacité.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 24 juin 2013.