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Après la formation du gouvernement d’union nationale qui reflète toutes les sensibilités sociopolitiques, il est grand temps de minorer les petits conflits pour la gestion du pouvoir afin que le pays s’attaque rapidement aux dossiers chauds du moment. Il est vraiment temps au nom de l’accalmie et pour ne pas donner raison à l’autre qui affirme à qui veut l’entendre que « la classe politique malienne est incapable de s’entendre, mais bien évidemment ce pas pour le Mali« !

Ça y est ! La configuration du nouveau gouvernement qui n’est pas moins un gouvernement d’union nation nationale puisque regroupant en son sein, toutes les forces vives de la nation, a été déballée au public dans la nuit du 20 août 2012. Fort d’une trentaine de membres contre une vingtaine dans le précédent, l’on remarquera que le nouveau gouvernement que dirigera Cheick Modibo Diarra, a gardé 18 des anciens ministres et accueilli 13 autres nouveaux.

Ce qui fait mathématiquement une équipe de 31 membres. Les hommes et les femmes qui composent le Gun auront la lourde et délicate mission de reconquérir des régions du Mali sous occupation des bandits armés et autres apatrides mais également auront en charge l’organisation d’élections apaisées. C’est dire combien la tâche n’est pas des plus aisées au regard de la complexité des missions à eux confiées.

Mais à peine installé dans leurs fonctions de membres du gouvernement, des critiques fusent encore de partout pour contester l’attelage gouvernemental. Or, Dieu seul sait, il a fallu combien de temps, que de tractations et de conciliabules pour former le gouvernement II de Cheick Modibo Diarra. Et au vu de la composition de l’équipe, il est facile de s’apercevoir pour reprendre le président de la République que tout a été mis en œuvre pour faire en sorte que le train ne parte laisser personne. Mon Dieu, le Mali serait toujours et encore ce pays où l’on a beau avoir la volonté de bien faire des gens trouveront à redire ?

Hier, on nous faisait croire que le président de la République de la transition, Dioncounda Traoré et son cousin à plaisanterie le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra ne sont pas en odeur de sainteté. Mais avec le temps, cette confusion terrible que d’aucuns cherchaient à installer dans les esprits s’est révélée insensée, dans la mesure où le président de la République a renouvelé sa confiance au chef du gouvernement en le reconduisant dans ses fonctions. Et cela malgré que des voix se fussent levées pour exiger le départ de CMD à la tête de la Primature.

Une pression à laquelle le président Dioncounda épris de paix et de justice n’a pas cédé au motif qu’il n’a rien à reprocher à l’homme. Ayant tout perdu sur ce plan, les détracteurs de la transition malienne qui à tous les atouts de son côté pour réussir (solidarité gouvernementale s’entend) sont toujours dans leur rôle de contestation et de protestation qui n’amène nulle part le Mali.

A suivre la presse qui n’a pas lu ou écouté les différentes réactions de dirigeants politiques ou de regroupements politiques. A l’unanimité, ils reconnaissent tous à l’honnêteté que le nouveau gouvernement a été ouvert le plus largement possible à toutes les sensibilités.

Ce n’est pas la CSM, dirigée par Moussa Mara qui dira le contraire encore moins le président de la Copam, Hamadoun Amion Guindo, qui a même confié au journal « Les Echos« qu’il trouve la taille du Gun excessive et que si ça ne tenait qu’à lui il n’allait pas dépasser au maximum une vingtaine de portefeuilles. Entre nous, si la Copam trouve la taille du gouvernement excessive pourquoi n’a-t-elle pas renoncé aux deux postes qu’il occupe dans le nouveau gouvernement ? A ce titre, la Copam est mal barrée pour formuler une quelconque critique à l’encontre du gouvernement II de Cheick Modibo Diarra.

Que le PM fasse plaisir à X ou à Y, la Copam est mal fondée pour le dire tant qu’elle restera dans le gouvernement d’union nationale. C’est elle qui a exigé l’organisation des concertations nationales avant la mise en place du Gun. Bien vrai que c’est l’inverse qui s’est produit, elle n’a pas décliné l’offre de participer au gouvernement quitte à ce que les assises nationales suivent après.

Et c’est ce revirement de manteau qui est la base de son divorce d’avec le MP-22. Que répondre au Coren, qui affirme ne pas voir un Sonrhaï dans le gouvernement, pendant qu’une de ses réclamations devait être de pousser plus n’importe quel gouvernement pour la libération du Nord, une des missions qui le fonde ? Mais enfin que dire du FDR qui a réclamé à cor et à cri la constitution d’un gouvernement d’union nationale ?

Voulant à mort à CMD puisque n’ayant pas obtenu son limogeage de la Primature, le Front ne le voit pas toujours d’un bon œil et avec comme prétexte cette fois-ci la nomination de conseillers spéciaux par celui-ci. Voilà encore pour le FDR le crime de lèse-majesté commis par le boss de la Primature. Pourtant, le PM Diarra qui se veut imperturbable n’a pas transcendé la loi en la matière.

A l’intention de ceux qui sont contre la nomination par le PM des conseillers spéciaux avec rang de ministre, que les intéressés se le tiennent pour dit que le décret n°2012 fixant l’organisation de la Primature, « il est permis au Premier ministre de nommer par décret un ou plusieurs conseillers spéciaux chargés des questions particulières relevant de son autorité directe et bénéficiant d’un statut déterminé par leur acte de nomination« .

En clair, il ne s’agit nullement ici de la création d’un gouvernement bis par le PM comme le prétend le FDR à partir du moment où ce sont des dispositions légales en vigueur qui le prévoient. Et surtout souvenons-nous des conditions du départ des deux ministres Sadio Lamine Sow et Hamadoun Touré.

Ils auront quitté à cause des faucons de la politique qui ne voulaient pas les voir, même peinture. Quoi de plus normal et si c’est les textes qui l’autorisent que CMD récupère ses éléments en qui il n’a pas perdu confiance. Il est évident que ceux qui lèvent le ton aujourd’hui s’ils avaient bénéficié du même privilège, de la même opportunité, ils n’allaient pas cracher sur l’occasion.

Lorsque le président de la République a demandé aux formations politiques et aux regroupements politiques de remettre les CV au PM, combien de dossiers ont été transmis ? Plus de 800 CV pour 13 ministres à nommer. Etant demandeur de l’ouverture du gouvernement et étant dépositaire de CV par voie parallèle, le FDR doit garder profil bas et accompagner maintenant le processus de transition. Comme nous l’avons toujours évoqué, le danger serait ôte-toi d’ici que je m’y mette. La gestion publique n’est pas un partage de gâteau.

Etant dans ou dehors du gouvernement, chaque fils du pays peut apporter sa pierre à la construction de l’édifice national à travers des propositions constructives. Les critiques stériles encore en cours tiennent beaucoup plus à des questions de place qu’autre chose. Tout le monde ne peut pas figurer dans un gouvernement.

Les débats inutiles nous ramènent en arrière. Donnons-nous la main et taisons les bisbilles politiques afin de permettre aux ministres commis à la tâche de faire face aux dossiers brûlants de l’heure !

S. Ballo

(retraité des PTT, Commune V)

Les Echos du 28 août 2012