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La Cédéao a décidé de mettre hors jeu le Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Ses pouvoirs ont été réduits, car, pour la Cédéao, la figure clé de la transition est désormais Dioncounda Traoré.

Pour la conduite de la transition, la Cédéao a décidé de minorer le rôle du Premier ministre au profit du président de la transition, Dioncounda Traoré. C’est à lui que les forces vives devront faire leurs propositions. Et c’est lui qui est appelé à adresser « sans délai » une requête à la Cédéao et à l’ONU pour l’envoi d’une force ouest-africaine au Mali. Pour le groupe de contact, Dioncounda Traoré est bien l’homme de la situation malgré son absence prolongée à Paris.

« Le gouvernement va changer, le Premier ministre peut changer », souligne un participant à la réunion, mais le président par intérim lui reste « la pièce maîtresse de la transition ». D’après nos sources, le chef du gouvernement Cheick Modibo Diarra a d’ailleurs été critiqué pour son manque de propositions concrètes en vue d’accomplir ses deux missions prioritaires : la libération du Nord et l’organisation d’élections.

L’essentiel maintenant pour les chefs d’Etat ouest-africains est de préparer le retour de Dioncounda Traoré à Bamako, sans passer par une autre capitale, Ouagadougou ou autre. Un retour qui devrait être sécurisé par les forces de la Cédéao. « Personne ne croit en la capacité de l’armée malienne d’assurer seule son retour dans de bonnes conditions », souligne une source proche du dossier.

Une mission composée de chefs d’état-major ouest-africains et d’experts internationaux a d’ailleurs commencé ses travaux ce week-end dans la capitale malienne pour préparer le terrain à la force en attente.

Pour de nombreux observateurs, Cheick Modibo Diarra est poussé vers la sortie car il ne lui reste presque plus rien de ses pleins pouvoirs.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 10 Juillet 2012


Mini-sommet de Ouagadougou : enfin la sortie de crise amorcée

Plus qu’une nécessité, la rencontre de Ouagadougou sur la crise malienne a drainé du monde et se révèle comme un tremplin pour le retour à la paix dans notre pays.

Le difficile moment que traverse notre pays requiert un engagement de tous surtout que les Maliens ont du mal à se donner la main, c’est pourquoi la Cédéao s’active à l’aider. Le mini-sommet qu’elle a organisé le samedi dernier à Ouagadougou sur la crise malienne rentre dans ce cadre. Dans la capitale burkinabé, les participants ont touché du doigt les problèmes que de la transition.

A cette tribune, les partis politiques et forces vives ont remercié la Cédéao pour les efforts inlassables en vue d’une meilleure gestion de la crise malienne. La force de ce mini sommet est que sur 62 participants invités, ce sont 50 qui ont répondu à l’appel. Contrairement aux informations, la rencontre de samedi dernier était indispensable pour éclaircir des zones d’ombres.

Il s’agit d’un retour complet à l’ordre constitutionnel et le rétablissement du président de la transition dans la plénitude de ses pouvoirs ainsi que la prorogation des mandats des conseillers nationaux et de ceux des membres du Conseil économique, social et culturel et la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

Les participants ont demandé l’appui financier conséquent de la communauté internationale et le dialogue constructif avec les organes de la transition. Sans un exécutif fort et une armée réconciliée et renforcée par des appuis extérieurs, il serait illusoire d’espérer amorcer une sortie de crise institutionnelle et le recouvrement des territoires sous occupation

Il est souhaité la saisine des Nations unies par le gouvernement de la République du Mali pour l’envoi d’une force internationale en vue de la sécurisation des organes de la transition et le recouvrement des régions occupées. Sans oublier, l’organisation d’un congrès extraordinaire du peuple malien, convoqué par le président de la transition. L’organisation des élections démocratiques, libres, crédibles et transparentes…

Pour une transition réussie, la rencontre de Ouagadougou prône, la création d’un Conseil consultatif de la République à l’initiative et placé sous l’autorité du Président de la Transition chargé de donner des avis sur toutes les grandes questions de la nation ainsi que le suivi et l’évaluation de la transition.

Ce sont plusieurs organisations partis politiques et forces qui ont répondu présent à Ouagadougou. Il s’agit de l’Adéma, de l’URD, du Parena, du PDES, de l’UDD, de l’Umam, du Cnas-Faso hèrè, de l’UFDP, de la Codem, du PSP, de l’URP, le CR, le Parti écologique du Mali (PE), l’UNTM, le CNJ, le Cafo, l’APDF, le Fénacof, le Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace Cédéao-Mali, l’Alliance des femmes pour un Mali Uni, le Fare (Forces alternatives pour le renouveau), la CCIM (Chambre de commerce et d’industrie du Mali) et l’OPI (Organisation patronale des industries).

Le Collectif des ressortissants du bord (Coren), également présent, a dénoncé le fait que les régions du Nord sont abusivement et faussement appelées Azawad malgré que les communautés touarègues y sont très largement minoritaires. Avant de demander avec insistance au gouvernement malien de faire parvenir sa lettre de requête à la Cédéao et à l’ONU sans délai de venir en aide.

Dans la foulée, les organisations féminines ont demandé aux chefs d’Etat africains et principalement ceux de l’espace Cédéao de prendre leurs responsabilités en s’impliquant de façon directe et urgente, en appuyant les forces armées et de sécurité Malienne afin qu’elles puissent assurer leur rôle régalien de protection et de récupération des zones occupées.

M. C.

L’Indicateur du Renouveau du 10 Juillet 2012