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Une rumeur insistante sur la démission de certains militants du RPM avait envahi la capitale des Balazans la semaine dernière. Aujourd’hui, c’est chose faite. Des militants du RPM, au nombre d’une soixantaine, avec à leur tête le jeune Boubacar Guissé, ont viré à l’ADEMA.

Si la nouvelle de la démission nous a été d’abord confirmée par le député ADEMA de Ségou élu à Markala, Barou Soubounou, puis par le Secrétaire général de la sous-section ADEMA de cette ville, Diawara et enfin par le Secrétaire à la communication du RPM, Boubacar Touré dit Bou, ancien député de Niono, la polémique se situe autour du nombre des démissionnaires.

Selon Boubacar Touré, qui a minimisé cette démission, « le divorce intervenu venu entre le Secrétaire général de la section RPM Nouhoum Diarra et le jeune Amadou Guissé, Secrétaire général de la sous-section des jeunes, Secrétaire à l’organisation au niveau de la section, depuis les communales du 29 avril 2007 » autour « d’une crise de confiance dans la gestion des biens du parti » affirment certains observateurs de la vie politique ségovienne.

Selon le Secrétaire Général de la section RPM de Ségou, Nouhoun Diarra, que nous avons eu hier au téléphone depuis la capitale des Balazans, « le parti n’a enregistré d’abord que la démission de Amadou Guissé. Nous allons lui renvoyer sa lettre de démission pour vice de forme ». Avant d’ajouter que le parti va enregistrer certainement une autre démission, celle de Madani Samba Nian, 3ème adjoint au maire de Ségou, chef de quartier d’Hamdallaye qui a défié les consignes du parti lors de l’élection du Conseil communal pour se faire élire 3ème adjoint à la mairie.

L’enseignement que l’on peut tirer de cette transhumance politique des militants du RPM vers l’ADEMA est que cet état de fait vient compliquer les tentatives de rapprochement entre les deux formations politiques.

Certes, l’adhésion à un parti politique est libre, mais en faire un fonds de commerce avec des tapages médiatiques peut irriter les sensibilités de l’autre côté et constituer un facteur de blocage pour la tentative de la reconstitution de grande famille ADEMA tant souhaitée de part et d’autre.

Mieux que tout cela, le rapport de la Commission Daba sur la relecture des textes fondamentaux de la République, tout en dénonçant cette pratique qualifiée de « vagabondage politique » par certains, ne propose-t-il pas des sanctions à l’encontre des transhumants, comme la perte de mandat par exemple, afin d’assainir la classe politique malienne. Vivement alors l’application de cette recommandation concernant la transhumance politique.

Alassane DIARRA

14 Juillet 2010.