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La salle “Siramory Diabaté“ de Koulikoro a été le témoin d’une cérémonie qui, sans être vraiment ordinaire (puisque le fait devient de plus en plus fréquent, au regard de l’imminence des élections), paraît néanmoins aussi surprenant que troublant.

En effet, ce lundi 22 Décembre 2008, c’est un groupe important de responsables et militants du Parti pour la Renaissance Africaine (PARENA) de la capitale du Méguétan (Koulikoro) qui a plié armes et bagages en direction du parti de l’Union pour la République et la Démocratie (URD).

Hormis le fait que cette désertion, ou du moins, cette autre transhumance politique n’est pas la première et ne sera pas la dernière du genre, le moins que l’on puisse constater, c’est que c’est la première fois que des militants d’un parti d’opposition rallie les rangs… d’un parti qui se réclame (en tout cas, jusqu’à preuve du contraire) de la mouvance présidentielle.

C’est dire que de trois choses l’une, ou… le tout : soit les dés semblent quelque part pipés au sein des partis de l’Opposition, sur le plan de leur entente ; soit beaucoup de militants desdits partis en ont aujourd’hui ras le bol de s’opposer (pourrait-on dire) ; soit d’autres responsables ou militants de l’Opposition risquent sous peu d’imiter l’exemple de ces “partants“ du PARENA.

Quoi qu’il en soit, ce parti des “Béliers blancs” se trouve lourdement affecté par ce départ (inattendu?) et doit aujourd’hui en éprouver un véritable chagrin. Surtout quand on pense que le PARENA est considéré comme un des principaux leaders de l’Opposition, et que ses deux ténors -en l’occurrence, Tiébilé Dramé et Me Hamidou Diabaté- n’ont jamais été tendres, encore moins mâché leurs mots à l’endroit du pouvoir en place et de la mouvance présidentielle.

Aussi, bien des questions se posent parmi les observateurs de la scène politique. Entre autres : l’Opposition commencerait-elle aussi à se mêler d’adhésion ou de fusion, à l’instar d’autres partis? Quelles mesures les chefs des “Béliers blancs” comptent-ils envisager au sein du parti en vue d’éviter la récidive d’un tel comportement de ses responsables et militants?

En tout cas, au train et au rythme de ces adhésions (qui, notons-le, prennent de plus en plus d’ampleur et d’ardeur, au fur et à mesure que s’annoncent les échéances électorales), on risque d’assister, à la longue, à “l’absorption“ de bien d’autres responsables et militants de partis, sinon de partis entiers, par les têtes d’affiche actuelles des partis : l’Adéma-PASJ et l’URD.

Oumar DIAWARA

24 Décembre 2008