Partager

La désignation des candidats aux élections législatives passées a été la goutte qui a provoqué la montée des eaux au sein du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) à Bamako. Lors des dernières législatives, Lanciné Bérété était parti en tant qu’indépendant. Il vient de regagner l’Adéma-Pasj.

Après avoir largué le parti du tigre, il a été accueilli en sauveur, par les habitants de Kangaba. Il sollicitait leurs voix avec la promesse de les sauver des maux qui minent leur localité.

Mais, un an après son élection à l’Assemblée nationale, Lanciné Bérété a unilatéralement décidé de virer dans l’Adéma-Pasj au vu et au su de tous ses électeurs, las des promesses sans lendemain.

L’on se demande, pourquoi l’honorable a tourné sa veste un an après. A-t-il tenu ses promesses avec son électorat ? Pourquoi a-t-il rejoint le rang de la race des «politiciens nomades». Autant de questions qui ne trouveront leurs réponses auprès de Lanciné Bérété.

Ils sont nombreux les Maliens qui se sont engagés dans la politique au lendemain des années de plomb, mais qui par la suite ont trahi la confiance de leur parti. Ils sont nombreux ces «nomades» qui ont décidé de sécher leurs habits là où le soleil brille.

Ils n’hésitent pas à retourner leur veston pour s’habiller dans les couleurs d’un parti qu’ils ont autrefois voué aux gémonies. C’est peu dire de les classer sous le vocable flatteur de «politiciens nomades». Leur parcours est tumultueux. Qualifiés parfois d’essuie-glace, de feuille morte, de coquille vide etc., les cas d’inconstance idéologique sont légion dans le microcosme politique malien. Dans ce domaine, aucune chapelle n’échappe à la règle. Les politiciens «caméléons» animés pour la plupart du temps par un idéal de «mangecratie» occupent désormais une place de choix dans la politique nationale.

Ce sont des bergers d’un genre nouveau qui, une boussole à la main, une calculatrice dans la tête, vont de pâturage en pâturage pour «brouter». A l’écoute de la météo, les yeux rivés sur les sondages, ils arpentent les sentiers du nomadisme politique, comme ailleurs l’on emprunte les chemins d’alpage.

Le matin, le «nomade» politique collabore avec l’opposition, l’après-midi, il se laisse séduire par le pouvoir. Puis, déçu de ne pas avoir été bombardé, il renoue avec ses premières amours, qu’il délaissera à la première occasion pour les allées du… pouvoir. Le nomade politique s’installe là où l’herbe pousse.

Moins d’une décennie plus tard, la propension au perpétuel mouvement de balancier, des élus du peuple ou des militants des partis, tout court, est devenue l’une des menaces majeures de la démocratie en Afrique.

Gnimadi Destin

07 Novembre 2008