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Le ministre de l’Education nationale n’aurait pas convaincu les députés sur sa décision de transférer les établissements du Collège horizon à la Fondation turque Maarif. Après le face-à face d’hier de Mohamed Ag Erlaf- honorable Zoumana N’Tji Doumbia, le député Adama Kané interpelle le Premier ministre sur la question.
« Ça commence à devenir un tribunal. Je ne suis pas à la barre », tel est la réaction du ministre de l’Education nationale, Mohamed Ag Erlaf, en panne d’arguments face à Zoumana N’Tji Doumbia sur le transfert des établissements du Collège horizon à la Fondation Maarif.

Le 12 août 2017, le gouvernement du Mali et celui de la Turquie ont signé un protocole d’accord à Bamako. Pour l’application de ce protocole d’accord le ministre de l’Education nationale a pris l’arrêté n°2017-2756 en date du 21 août 2017 abrogeant ainsi les autorisations de création des écoles collège horizon en République du Mali. C’est ce qui a abouti au transfert des écoles du Collège horizon à une fondation créée par les autorités turques en juin 2016.

Cette décision du ministre de l’Education nationale inquiète les parents des 3200 élèves et le corps professoral du Collège horizon surtout en cette veille de rentrée scolaire prévue le 2 octobre.

C’est pour avoir des éclaircissements que le député élu à Bougouni, Zoumana N’Tji Doumbia, conformément à l’article 91 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale a interpelé Mohamed Ag Erlaf en questions orales devant l’Assemblée nationale.
L’élu de la nation voulait des réponses à une série de questions, notamment les raisons fondamentales du transfert des écoles du Collège horizon à la Fondation Maarif, l’avenir des milliers d’enfants et surtout l’intérêt du Mali dans le processus.
En réponse, le ministre de l’Education a affirmé que le processus a commencé depuis 2016 et que le protocole d’accord qui est purement politique a été signé entre deux Etats souverains. Il a souligné que l’abrogation d’autorisations de création d’écoles du Collège horizon est conforme au droit malien en la matière, principalement selon la loi 2012 portant création des établissements d’enseignement scolaire au Mali. Mohamed Ag Erlaf a ajouté que l’Etat turc ne reconnaît plus le Collège horizon et la Fondation Maarif est la seule autorisée à créer des écoles à l’étranger au nom de la Turquie.
Sur la question de connaître les motivations de la signature du protocole d’accord, Ag Erlaf s’est déclaré incompétent à répondre à cette question. Selon lui, « la pertinence de la signature d’un protocole d’accord par un Etat souverain relève de la compétence du président de la République».

Avec le transfert des écoles du Collège horizon à la Fondation Maarif, le ministre assure la diminution des frais scolaires du Collège horizon et l’amélioration des conditions des travailleurs maliens. Il a promis aussi une formation de qualité aux enfants.

Le député interpellateur s’avoue insatisfait de ces explications du ministre de l’Education nationale.
« Je suis resté sur ma faim. Vous n’avez pas répondu à mes questions essentielles», s’est-il indigné tout en posant d’autres questions à Ag Erlaf.
En panne d’arguments, le ministre a changé de méthode. Il a évoqué alors des résultats de la coopération entre le Mali et la Turquie. Il a cité notamment la rénovation de la salle de plénière de l’Assemblée nationale par ce pays avant d’insister sur la position.

«Le Collège horizon n’a plus d’existence légale au Mali, en tout cas pas dans le système éducatif », a-t-il déclaré.
Face à l’instance de l’élu de la nation, le ministre de l’Education a carrément refusé le débat. « Ça commence à devenir un tribunal. Je ne suis pas à la barre », a-t-il protesté.

L’affaire se corse   
A l’image de Zoumana N’Tji Doumbia, Adama Kané, député élu à Barouéli semble aussi rester sur sa faim. C’est pourquoi, il a décidé d’interpeler immédiatement le gouvernement sur la question.

« J’ai apprécié les passages de Zoumana N’Tji, mais j’ai été déçu par les réponses du ministre. Comme personne d’autre ne pouvait intervenir dans le débat, j’ai décidé d’interpeller le gouvernement conforment à l’article 93 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, sur cette question d’actualité qui est très importante pour notre pays. Nous avons 3200 enfants maliens que le gouvernement voudrait troquer au nom d’une coopération en minimisant l’intérêt du Mali », a-t-il souligné. En principe, c’est le Premier ministre en personne, qui devrait se présenter devant l’Assemblée nationale pour répondre aux préoccupations des députés sur les conditions de transfert du Collège horizon à la Fondation Maarif.

Maliki Diallo et Moctar Koné (stagiaire)
Du 15 Septembre 2017