Partager

Malgré le bilan qualifié de positif, la mise en œuvre de la décentralisation initiée depuis 1992 au Mali éprouve des difficultés dans certains domaines, notamment dans celui du processus de transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités territoriales suite à l’adoption des trois décrets de juin 2002 fixant le détail des compétences transférées aux collectivités territoriales dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’hydraulique rurale et urbaine.

C’est fort de cela que le Cercle de Réflexion et d’Information pour le renforcement de la Démocratie au Mali s’est engagé à travers les 8 régions, le District de Bamako et d’autres collectivités à expliquer le processus de transfert de compétences et de diagnostiquer les difficultés qu’il rencontre.

Cette initiative de Cri-2002 a mobilisé plus de 2000 participants à travers une quarantaine d’ateliers citoyens décentralisés et a abouti à un certain nombre d’enseignements parmi lesquels : la valorisation de la place et du rôle des citoyens dans le processus du transfert de compétences ; la demande d’introduction d’un nouveau principe dans la stratégie nationale de transfert de compétences, à savoir l’expérimentation.

Ces résultats ont été restitués au MATCL, au HCCT, à l’Assemblée Nationale et au BUCO qui ont manifesté leur intérêt pour la continuation, le renforcement de l’initiative de Cri-2002 et la concrétisation de ces propositions.

Pour mieux s’imprégner des réalités dans d’autres pays, Cri-2002, avec l’appui technique et financier du Bureau de la Coopération Suisse au Mali, et une délégation malienne de hauts cadres se sont rendus du 21 au 29 juin 2008 en France, dans la Région de Rhône-Alpes, pour une visite d’étude d’expérimentation en matière de transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités territoriales.

C’est pourquoi, hier jeudi 22 octobre 2008, la salle de conférence de la Maison de la Presse a servi de cadre à une conférence de presse autour de l’expérience de la Région de Rhône-Alpes dans le domaine du transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités territoriales.

Cette conférence de presse a été présidée par le Président du Cercle de Réflexion et d’Information pour le renforcement de la Démocratie au Mali, le Dr Abdoulaye Sall avec son staff en présence du représentant du Président de la Maison de la Presse, Séga Diabaté.

A en croire le conférencier, Dr Abdoulaye Sall, le Gouvernement malien reconnait que la réforme n’a pas enregistré de progrès notables. C’est la faute d’une volonté des administrations centrales de se dessaisir de certaines fonctions et le manque de moyens financiers qui ont fait que le transfert de compétences aux collectivités territoriales ne s’accompagne pas de transfert des ressources.

Selon lui, le Mali a perdu suffisamment de temps dans le démarrage, il faut maintenant gagner le maximum de temps dans la mise en œuvre. Il s’agit pour le Mali, comme la France l’a réalisé pour la commune, de rechercher, d’identifier le rôle effectif, les compétences traditionnelles séculaires des villages, des fractions et des quartiers, de les développer, de les élargir en fonction des enjeux et défis passés, présents et futurs de la gouvernance locale.


Gnimadi Destin

24 Octobre 2008