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Professeur Gaoussou Diawara, Dr Modibo Soumaré du MARD, Mohamed Soumano représentant de l’Association des jeunes griots du Mali et Vincent Seck de l’UNESCO étaient les conférenciers tandis que Thierno Diallo, le Directeur de la Pyramide du Souvenir assurait la police des débats.

Par sa résolution 29C/40, la conférence générale de l’UNESCO a proclamé le 23 août de chaque année Journée Internationale du Souvenir de la Traite Négrière et de son abolition.

Cette date a été choisie en référence à la nuit du 22 au 23 août 1791, alors que commençait à Saint-Dominique (Haïti et République dominicaine), l’insurrection qui allait jouer un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique et l’émancipation des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes.

Selon Vincent Seck de l’UNESCO, cette journée internationale vise à inscrire la traite négrière dans la mémoire de tous les peuples. Conformément aux objectifs du projet interculturel « la route de l’esclave », elle nous offre l’occasion d’une réflexion commune non seulement sur les causes historiques, les enjeux et les modalités d’opération de cette tragédie, mais aussi sur ses conséquences durables pour l’Europe, les Amériques, les Caraïbes et l’Océan Indien, voire pour le monde entier.

Reprenant le message de Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, Vincent Seck dira que la traite négrière, l’esclavage et son abolition appartiennent à l’histoire.

Ils n’appartiennent pas au passé. Ils nous permettent de comprendre un présent hélas marqué par le racisme et les discriminations hérités de cette histoire tragique.

Ils interrogent également l’avenir et incitent à la réflexion sur la construction de nouvelles citoyennetés respectueuses de nos sociétés, de plus en plus multiethniques et multiculturelles.

La commémoration de cette journée du 23 août revêt cette année un caractère particulier, elle a lieu après les événements qui ont marqué 2004, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies : « année internationale de la commémoration de la lutte contre l’esclavage et son abolition« . Elle coïncide aussi avec le 10ème anniversaire du projet <C’est une pratique héritée des Maures et des Soninkés par les Mandekas”. La société mandingue constituée en deux grands groupes comprend les “horons” (guerriers, forgerons, griots…) et les “djons” (esclaves). La vie et l’avenir de ces derniers dépendaient en grande partie de la volonté de leur maître.

Si dans le temps l’esclavage était une pratique acceptée et tolérée par notre société, aujourd’hui tel n’est plus le cas.

Déjà en son temps, certaines figures (telles que Soundjata après sa victoire face à Soumaoro Kanté) avaient aboli l’esclavage, a dit Mohamed Soumano.

Les griots le condamnent, c’est un phénomène honteux et nous sommes prêts à aider toute organisation qui lutte contre l’esclavage.

Le professeur Gaoussou Diawara et de surcroît écrivain a, d’entrée de jeu, dit que personne ne naît esclave. Ce sont les guerres et d’autres pratiques qui déshumanisent l’homme et en font un esclave.

Il a parlé de la période d’esclavage de l’Afrique où les bras valides ont été transportés dans les plantations en Amérique et en Europe.

Par ce fait, le continent a perdu 150 millions de personnes. Il demande que l’Afrique soit remise dans ses droits. M. Diawara a fait des propositions afin que l’Afrique puisse vaincre l’esclavage.

Le Docteur Modibo Soumaré du MARD a expliqué que l’esclavage est une question des droits humains. Il s’est interrogé si la colonisation n’a pas été une forme d’esclavage pour les blancs. Il en est de même pour le néocolonialisme.

Selon Docteur Modibo Soumaré, d’autres formes d’esclavage subsistent de nos jours notamment le travail des enfants, la prostitution des filles mineures. Ces pratiques existent encore, a-t-il ajouté.

Il a affirmé que le thème de la conférence-débat, à savoir l’esclavage, cadre bien avec les objectifs de son ambition qui se résument :
– à lutter contre la discrimination ;
– à lutter contre les pratiques inhumaines
– et promouvoir l’intégration.

Mamadi TOUNKARA

25 août 2005