Partager


Chaque année, à cette même période, la méningite frappe à nos portes avec des ravages notamment à l’intérieur du pays. Les autorités sanitaires nationales montent au créneau pour rassurer les populations, mais celles-ci doivent se rendre promptement au centre de santé le plus proche, en cas de détection de symptômes.

Selon un spécialiste, « la méningite est un processus inflammatoire, d’origine généralement infectieuse, atteignant les méninges, c’est-à-dire l’ensemble des formations recouvrant l’encéphale et la moelle épinière ». On emploie donc le terme méningite pour faire allusion à « l’infection des méninges dans lesquels circule le liquide céphalorachidien ». Ses symptômes sont une forte fièvre, des céphalées graves et persistantes, une raideur du cou, des nausées et des vomissements.

Des modifications du comportement, telles que confusion, somnolence et difficulté à se réveiller sont des symptômes extrêmement importants et peuvent traduire le besoin d’un traitement d’urgence. Chez les nourrissons, pour un médecin généraliste, les signes prémonitoires de la méningite peuvent inclure « une irritabilité ou de la fatigue, une perte d’appétit et de la fièvre. Une éruption cutanée apparaissant sur une partie du corps de l’enfant est un autre signe très important de méningite ».

Une fois ces indices remarqués, le patient doit être urgemment conduit à l’hôpital. « Au besoin, on recourra à une antibiothérapie initiale basée sur un antibiotique à spectre large (première étape du traitement) puis la médication sera adaptée ultérieurement en fonction de la souche responsable de la méningite. Le traitement sera alors adapté avec un antibiotique approprié administré par voie intraveineuse », a informé Dr. Mariko.

Traitement à deux niveaux

Le traitement de la méningite se situe à deux niveaux. Un traitement curatif incluant la vaccination et un autre visant à immuniser l’entourage du patient, car la maladie se propage « très facilement ».

Le premier traitement, qui a lieu après le diagnostic de la méningite bactérienne doit « avoir des effets sur le streptococcus pneumonia et la pneumocoque de sensibilité anormale », a indiqué Dr. Mariko. En effet, le médecin doit administrer au patient « une céphalosporine de troisième génération injectable, en l’occurrence la céfotaxime ».

La poursuite du traitement est établie selon les premiers résultats microbiologiques à l’examen direct du liquide céphalo-rachidien (LCR). Cette suite se fait ainsi : « Méningite à pneumocoque : céfotaxime à la dose 300 mg/Kg/j en association avec la vancomycine à la posologie de 60 mg/Kg/j pendant les deux premiers jours. En raison de quatre injections par jour ».

En plus, « le traitement est ensuite adapté en fonction des résultats de l’antibiogramme. Si le pneumocoque est de sensibilité normale à la pénicilline, le traitement est poursuivi par céfotaxime à une posologie plus faible de 200 mg/Kg/j, la vancomycine est arrêtée. Si l’antibiogramme trouve un pneumocoque de sensibilité anormale à la pénicilline, la biantibiothérapie est poursuivie », a ajouté M. Mariko.

Quant à la méningite à méningocoque, dont une forme existe couramment au Mali, son traitement se fait par « l’administration pendant 7 jours de la céfotaxime (200 mg/Kg/j) ou ceftriaxone (100 mg/Kg/j) ».

Le second aspect du traitement, qui est préventif, est prophylactique. Selon Dr. Mariko, « Il s’applique à l’entourage proche du patient atteint de méningite. D’ailleurs, dès l’identification de l’origine méningococcique, une déclaration obligatoire de la maladie doit être adressée aux services départementaux afin d’instaurer rapidement un traitement propylactique à l’ensemble des sujets contactés ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

22 février 2008.