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Le Syndicat de la police nationale, tendance adjudant Siméon Kéita, a vigoureusement riposté au cours d’une conférence de presse mardi 27 juillet au GMS aux propos de Siaka Diakité, SG du syntade, qui a traité, samedi dernier, le « nouveau » bureau d’illégal et accusé le DG de la police de favoritisme.

Soixante-douze heures après la conférence de presse organisée par le Syntade et le Syndicat de la police nationale, dirigé par Tidiane Coulibaly, qui ont dénoncé « l’immixtion du directeur général de la police nationale dans les affaires du Syndicat de la police nationale », c’était au tour de la dissidence dirigée par le secrétaire général Siméon Kéita de riposter, mardi dernier, aux propos de Siaka Diakité, le SG du Syntade.

La conférence de presse s’est tenue au Groupement mobile de sécurité (GMS). M. Kéita, qui se présente comme le nouveau SG du SNP était entouré de membres de son bureau et de policiers.

Pour le conférencier, l’objectif de la rencontre était de « partager certaines réalités » et les changements intervenus à l’issue de la conférence de section les 17 et 18 juillet derniers. Le « nouveau » SG de la police, est revenu sur ce qui a prévalu au changement d’équipe du syndicat.

Selon M. Kéita, conformément aux dispositions du statut et règlement intérieur de la Section syndicale de la police nationale, une conférence de section se tient tous les trois ans. Et entre la tenue de la conférence de section, est organisé le conseil de section qui se tient chaque année. C’est en application de ces mesures réglementaires que la conférence de section de la police nationale s’est tenue. Exceptées les régions de Kidal et de Gao, a affirmé Siméon, toutes les autres étaient représentées au renouvellement du bureau.

Or, a-t-il dit, en violation de l’article 13 du règlement intérieur, le SG « sortant » Tidiane Coulibaly, a fait 11 ans à la tête du SPN (1999-2005), instaurant une sorte de monotonie au SPN (son dernier mandat a pris fin en juin 2008). Ce qui, à ses dires, « avait fini par affaiblir le bureau qui était dans l’incapacité de défendre les intérêts des policiers ».

 » C’est au regard des disfonctionnements et des violations ressortis dans des correspondances adressées à l’ancien bureau, que ceux qui se disent légalistes et légitimes ont fini par aller aux assises ». Mais, la correspondance, à en croire M. Kéita, a buté à une fin de non-recevoir. « En réunion des SG des sections, il a été décidé que des missions sillonnent les régions pour expliquer à l’ensemble des militants la situation qui prévalait ».

Suivant le statut et le règlement du SPN, à la demande des 2/3 des membres du bureau une réunion extraordinaire a été convoquée à l’issue de la tournée, qui s’est attelée au renouvellement du bureau. « Les textes prévoient la tenue d’une session extraordinaire », a dit le sergent-chef Siriman Fané.

Siaka et Tidiane dans l’illégalité

La tenue extraordinaire de la conférence de section, ont poursuivi les policiers, a été précédée de l’envoi d’une correspondance au secrétaire général du Syntade, Siaka Diakité, « demandant son arbitrage et la tenue des assises ». Ce dernier, dans sa réponse, ont-ils révélé, « a dit ne pas pouvoir effectuer le déplacement ».

Parlant du DG de la police, accusé « d’immixtion dans les affaires syndicales », le « nouveau » SG du SPN a dit que pour des raisons de discipline, le bureau de la division de Bamako, a jugé nécessaire d’informer Niamé Kéita, DG de la police nationale, de la tournée entreprise dans les régions, qui, à son tour, a informé les chefs et les camarades des régions de leur arrivée. « L’administration a accepté de nous accorder une autorisation d’absence. Nous ne voyons pas de mal à informer nos chefs ».

Il a passé le fer sur Siaka et Tidiane Coulibaly qu’il a accusé de violer les textes du syndicat. Le premier est pris à partie sur sa volonté de changer le mandat de 3 à 5 ans. « Chaque syndicat est régi par un texte. Au SPN, seule la conférence de section à pouvoir d’amender le statut et règlement ».

Et d’ajouter que le SPN n’est pas régi par les dispositions du Syntade. « Si quelqu’un est dans l’illégalité, c’est Siaka ».

Quant à « l’ancien » SG, M. Coulibaly, le sergent-chef Siriman Fané, a démontré qu’il viole l’article 30 du règlement intérieur qui « interdit toute activité syndicale aux agents en formation ». Coulibaly Tidiane et certains de ses poulains sont des élèves inspecteurs ou commissaires actuellement en formation. « Ce seul grief suffit à écarter M. Coulibaly du SPN », a-t-il insisté.

Sortira ou ne sortira pas du Syntade ? Le bureau dirigé par M. Kéita, s’est dit ouvert au dialogue et à l’unité de tous les policiers du Mali, c’est pourquoi, « il n’est pas question pour le moment de quitter le Syntade ».

Le conférencier a ensuite tiré à boulets rouges sur le SG du Syntade. Pour lui, M. Diakité n’a fait que dire ce qu’il pense à propos de leur reconnaissance par le Syntade. « Il a donné son avis, c’est très normal. Heureusement, qu’il n’est pas le seul à décider. Nous espérons qu’il sera rappelé à l’ordre par ses camarades ».

A la question d’un confrère sur un éventuel affrontement entre policiers, les « nouveaux chefs » de la police ont donné une réponse on ne peut plus claire : « Jamais, il n’y aura cette éventualité. Nous sommes des responsables. Et nous allons résoudre nos différends avec la manière ».

Amadou Sidibé

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La police malienne : cinq ans sans dotation

Profitant de la conférence de presse, le sergent-chef Siraman Fané, a effleuré la question de la dotation de la police malienne Pour lui, cela fait cinq ans qu’il n’y a pas de dotation à la police. « 80 % des éléments du GMS utilisent leurs salaires pour se faire des tenues. Notre pouvoir d’achat ne nous permet pas d’acheter des uniformes », a souligné M. Fané. A cela s’ajoute le problème de véhicules. Des situations qui interpellent le DG de la police.

Le statut de la police : « nous ne le reconnaissons pas »
Si le SG du SPN, Tidiane Coulibaly, s’est félicité du vote du nouveau statut des policiers, son camarade sergent-chef Fané, a mis les pieds dans le plat de ce statut. Pour lui, à quelques exceptions près, c’est l’ancien document qui a été reconduit. « Nous ne nous reconnaissons pas dans ce statut ».

A. S.

29 Juillet 2010.