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Comme nous le sentions depuis des années, l’homme du 26-Mars, le soldat de la démocratie, a fini par faire tomber son masque de pseudo démocrate. Il est inqualifiable. Il a réussi à plonger son beau pays dans le chaos. Par sa faute, le Mali est dans de beaux draps, sur la sellette de la communauté internationale. De la cime du rônier au fin fond du puits. Quel tragique destin !

Le CNRDRE a justifié son action par sa volonté d’arrêter l’avancée de la rébellion, due, argue-t-il, à l’incompétence du chef de l’Etat déchu. Or les villes du Septentrion tombent les unes après les autres. Aguelhok, Tessalit, Kidal, Gao et Tombouctou sous la coupe du MNLA, d’Ançar Dine et d’Aqmi. Une promesse non tenue ? Nous sommes mortellement atteints dans notre dignité de Maliens. Eternellement stigmatisés.

Le repli stratégique, cher au défunt régime pour atténuer les revers militaires, est servi de nouveau. ATT, lui, est sauvé, tranquille. Il est tout au plus nostalgique du parcours sportif de Koulouba. Il nous doit des comptes, il se moque de nous, paradoxalement la Cédéao décide que l’on va boire le calice jusqu’à la lie pour lui. Cruel destin !

Le territoire de l’Azawad se dessine. N’est-ce pas une tragédie dans un pays où tous s’accordent pour dire que l’intégrité et l’unité nationales sont non négociables, que ce pays ne connaîtra jamais la partition ? Le pays est agressé depuis au moins trois mois. La Cédéao, la Francophonie, l’UA, les Nations unies… en un mot la communauté internationale, si prompte à condamner les changements par la force, n’a pas pipé mot.

Alors que le pays est à genou, placé entre mille feux, des démocrates s’érigent en pros et anti-putsch. Les premiers empêchent l’avion de frères venus pour arrondir les angles d’atterrir. C’est une tragédie dans un pays où le dialogue, la conciliation et la réconciliation sont des vertus pour aplanir les divergences. La plupart de ces politiciens en fait imaginent les moyens pour eux de tirer profit de la situation qui n’est pas à l’avantage du peuple. Qui a donc déraciné l’arbre à palabres ?

Ce sont les enfants, avenir du Mali, qui allaient souffrir des pénuries. Ce sont les personnes âgées et les malades qui allaient trinquer le plus. A quoi ça sert donc la Cédéao si son objectif est d’exclure une communauté nationale pour un seul individu, coupable de hautes trahisons sous le couvert de la démocratie ?

Vivement la Cédéao des peuples !

A. M. T.

5 avril 2012