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Le mercredi, 8 juin 2016, aux environs de 23 h 30 minutes, le commandant Harouna Traoré, chef de bureau de la Douane de Kourémalé et ses hommes ont mis la main sur un véhicule immatriculé RC-7441-0 de transport en commun contenant des animaux sauvages provenant de la Guinée voisine. Il s’agit de 10 biches dont 5 guibs harnachés vivantes, 4 céphalotes ,1 biche morte en cours de route. Les animaux ont été conduits, le vendredi, 10 juin au jardin du zoo en présence du chef de Douane de Koulikoro, le colonel Adama Sidibé, du contentieux de la Douane Raphaël Mounkoro, du directeur de la DNCC, du professeur Samba Sow, le président de l’équipe de lutte contre Ebola.

Selon le capitaine Abdoul Kader Cissé, adjoint au chef de bureau de la Douane de Kourémalé, ils ont immobilisé dans la cour de leur bureau, ce transport en commun suspect appartenant à un certain M. S, titulaire de permis de conduire N° 121 674 délivré en Guinée à Kankan. C’est en accomplissant ses formalités, que les éléments dans leurs fouilles ont détecté des caisses contenant des animaux (biches) appartenant à M. Zoumana Coulibaly résident à Bamako. Le convoyeur avait un certificat de zoo sanitaire de la Guinée et un document de capture commerciale délivré par le poste des eaux et forêt de Kati. Mais selon le capitaine Cissé, ce document confère à M. Diawara le droit de collecter, de vendre, de détenir et de faire circuler à l’intérieur du territoire national des oiseaux non protégés conformément aux dispositifs de la loi n° 95-031 du 20/03/1995 et ses textes d’applications (article 26 du décret n°97-052/P-RM du 31 janvier 1977.

Le contentieux de la Douane, Raphaël Mounkoro a expliqué les conventions internationales des espèces sur les faunes et flores sauvages menacées d’extinction. Il a indiqué que le CITES plus connu sous le nom de convention de Washington de 1973 a été ratifiée par le Mali en application de la loi nationale, la loi 93-02 du 13 mai 1993. Par rapport à la procédure, il a indiqué que nous avons à faire à un cas d’importation qui doit obéir aux formalités suivantes : le permis d’exportation produit par le pays d’origine, le certificat de réexportation délivré par le pays de provenance. Selon lui, le cas ici est considéré comme une importation en contrebande, sanctionné par les dispositions des articles 350 du code de Douane qui parle de confiscation du corps du délit, confiscation du moyen servant à transporter les animaux. Il a ajouté qu’une requête est demandée auprès du juge d’infliger le paiement d’une amende égale au triple du produit saisie et un emprisonnement allant d’1 mois à 3 ans.

Le professeur Samba Sow, pour sa part, a expliqué les conduites à tenir face aux maladies émergentes à caractère international. Il a ordonné au docteur vétérinaire du jardin du zoo de faire le diagnostic de ces animaux une fois par jour pendant 42 Jours pour rechercher des signes cliniques et leur a également demandé de porter des gants, des bottes médicalisées. « Si Ebola est fini en Guinée, rien n’indique que c’est fini dans la forêt » a-t-il dit. Il a rassuré que des prélèvements auront lieu pour être analysés.

Fakara Faïnké

Le Républicain du 13 Juin 2016