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Les personnes qui se feront prendre pour prélèvement ou trafic d’organes humains sont punies par le code pénal. La peine encourue va de 1 à 10 ans d’emprisonnement.

A Bamako, comme dans d’autres régions du Mali, on sacrifie. On sacrifie pour des raisons diverses, conformément aux croyances, pour obtenir une promotion ou faire fructifier ses affaires.

Selon Dr. Albert Fofana, sociologue à l’Institut des sciences techniques de Bamako, le sacrifice, qui a un caractère purificatoire, présente un visage horrible surtout, lorsqu’il exige la mort d’homme. A ses dires, si les Maliens dans leur majorité font certains rites qui exigent des offrandes d’animaux, de tissus, de nourriture, « ils sont nombreux à rouler les yeux effarés quand ils entendent parler de meurtres rituels, qui permettent d’obtenir une ascension sociale, de garder son pouvoir, de renforcer sa puissance« .

Pour M. Fofana, si cette pratique n’avait cours que dans les sociétés dites traditionnelles, aujourd’hui, elle existe dans notre pays, mais elle se ferait loin des regards indiscrets par des personnes sans foi ni loi. Parmi ces personnes, cite le sociologue, les « hommes politiques qui sont parfois pointés du doigt par l’opinion publique« . La panoplie va de la profanation de tombes à l’assassinat…

Le sociologue avoue que l’approche des élections ne rassure guère les enfants surtout les albinos qui sont de la « chair à gri-gri« . « Ils font l’objet de sacrifices humains pour alimenter le marché du porte-bonheur« . Ces périodes d’incertitudes politiques, affirme notre interlocuteur, sont considérées comme « propices« à l’usage des fétiches « pour favoriser le verdict des urnes» .

Et de souligner que « les organes prélevés servent à la confection de fétiches censés d’autant plus puissants que la victime a souffert quand on la mutile vivante« . Quant aux albinos, il conclut qu’ils « auraient des forces surnaturelles, pourraient prédire l’avenir, jeter des mauvais sorts et apporter le bonheur de gré ou de force« . Ces pratiques condamnables et condamnées sont bien prises par le code pénal malien.

Spécialiste du droit, chef de division des affaires juridiques de l’Université de Ségou, Lamine Dembélé, affirme que le trafic d’organes humains est puni par le code pénal en ses articles 205 et 206. Des peines d’emprisonnement et le paiement d’amendes sont prévus. Pour le professeur de droit, l’article 205 dit ceci : « Lorsque la violation du tombeau, des sépultures ou la profanation de cadavre aura été suivi de mutilation ou de prélèvement d’organe, la peine encourue est de 1 à 5 ans d’emprisonnement facultativement d’une amende de 300 000 à 1 million de F CFA« .

Notre juriste rappelle que l’article 206 du code pénal dit : « Quiconque ce sera livré à une pratique d’ensemencement humain sera puni de 6 mois à 2 ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 à 500 000 ou de l’une de ses deux peines« . La précision est apportée à ses dires par un alinéa « si ce trafic se porte sur un organe humain la peine sera de 5 à 10 ans de réclusion« .

Amadou Sidibé

19 Juillet 2013