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Chaque année, à travers le monde, 600 à 800 000 personnes sont victimes de l’esclavage des temps modernes qu’est le trafic humain. Pour enrayer le fléau, des représentants du gouvernement et d’ONG, réunis depuis hier, ambitionnent de constituer une force de lutte.

Les personnes qui font l’objet de trafic dans le monde sont estimées entre 600 et 800 000 chaque année. Elles sont attirées par les sirènes des fausses promesses de recruteurs et transportées au-delà des frontières. Les souffrances vécues sont difficilement supportables. Ils sont exposés à des exploitations économiques, sexuelles… Pourtant, la traite des personnes constitue une des plus graves violations des droits humains.

C’est pour venir à bout de ce fléau que le deuxième volet de l’atelier de formation régionale sur la traite des personnes en Afrique de l’Ouest s’est ouvert hier à Bamako sous la présidence du conseiller technique du ministre de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille, Bakary Traoré.

Durant 3 jours, il s’agira, pour les participants venus de la Guinée-Conakry, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Burkina Faso, de la Gambie, du Sénégal et des représentants du BIT/Mali et de l’Unicef, de renforcer et d’enrichir leur capacité en vue de maximiser leur contribution dans l’éradication de la traite dans leurs pays.

Organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec l’appui financier des Etats-Unis, la rencontre de Bamako fait suite à celle de Ouagadougou (les 17, 18 et 19 janvier 2007), qui, selon la première conseillère de l’ambassade des Etats-Unis, Mme Mery Beth Léonerd, a cherché à développer un partenariat solide entre les participants, en particulier dans la perspective d’une mise en œuvre efficace du programme régional de l’OIM d’assistance au retour et la réintégration des enfants victimes de la traite dans la région de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedéao).

La formation sera consacrée aux méthodes d’identification des victimes de la traite, aux techniques d’entretien ainsi qu’aux mesures de suivi et de réintégration socioéconomique des victimes de la traite dans leurs communautés d’origine.

Elle cherchera également à développer un partenariat solide entre les participants dans la perspective d’une mise en œuvre efficace du Programme régional de l’OIM d’assistance au retour et la réintégration des enfants victimes de la traite dans leur communauté d’origine.

Cependant, l’absence de cadres juridiques nationaux appropriés, l’insuffisance de données statistiques, la méconnaissance de la problématique de la traite, les difficultés de lutte contre les réseaux criminels organisés et la complexité du phénomène sont autant de facteurs qui pèsent lourdement sur les actions contre la traite.

« Pour gagner la bataille, des actions délibérées et concrètes doivent être menées, mais aussi les agents de terrain doivent toujours rester en contact avec les frontières dans le but de suivre et dénoncer les trafiquants. Pour cela, l’action gouvernementale est fondamentale pour vaincre le phénomène », ont préconisé le conseiller technique Bakary Traoré et la représentante de l’OIM à Dakar. Mme Viviane Van Hoeck a annoncé que les Etats-Unis disposent de 266 projets à travers le monde pour freiner le trafic des personnes.

Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest et du Centre, il est établi que les champs agricoles, les mines d’or et de diamant, les carrières de pierre, le secteur informel et le travail domestique sont des activités à forte utilisation de main d’œuvre enfantine, où les conditions de travail frisent l’exploitation.

Mohamed Daou

27 février 2007.