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Au mois de juin passé, une petite fille du nom de Nioko Dembélé, âgée d’un an et demi, a été enlevée dans un quartier de Bougouni, Dougouninan, par un inconnu alors qu’elle jouait dans le carré avec deux autres enfants de sa famille.

L’inconnue en question est une jeune dame dont l’âge avoisine la vingtaine, et qui répondra plus tard au nom de Kro. Après avoir accompli son forfait, l’inconnue s’était enfuie avec la petite Nioko Dembélé à… Sikasso.

Elle a été arrêtée par les éléments du 2e Arrondissement de Sikasso grâce à un concours de circonstances et la petite Nioko Dembélé a pu rejoindre ses parents à Bougouni. Déjà, ceux-ci, de leur côté, avaient entrepris des recherches dans certaines localités telles que Sikasso, Zégoua, Kadiolo, etc.

En prison, celle qui se fait appeler kro aurait avoué et déclaré avoir enlevé la petite Nioko Dembélé pour la vendre. “C’est mon travail, et je suis déjà à trois enfants” aurait-elle déclaré en substance.

Les autorités locales de Sikasso, familiers à des cas de ce genre (Sikasso est une zone frontalière de la Côte d’Ivoire, qui est un pays d’accueil des enfants maliens achetés pour travailler dans les plantations) ont, selon des sources bien informées, entrepris de faire des enquêtes. C’est peut être tout un réseau qui se trouve impliqué dans cette affaire.

Le cas de la petite Nioko Dembélé vient certainement s’ajouter à de nombreux cas similaires. Mais une question que l’on ne peut s’empêcher de se poser est la suivante : Pourquoi a-t-on enlevé la petite Nioko, agée seulement d’un an et demi, même si son auteur avoue que c’est pour la vendre ?

Dans les rapports qu’on publie sur la question du trafic d’enfants, il est écrit que la plupart des enfants envoyés à l’extérieur (c’est à dire ceux vendus) servent de domestiques, travaillent dans les plantations, ou utilisés à d’autres fins telles que la mendicité… Alors, que peut-on faire d’un enfant âgé à peine de deux ans ? Les enquêtes permettront, on l’espère, aux autorités de Sikasso d’avoir réponse à cette question.

Une étude de l’OIT publiée très récemment constate que le trafic des enfants demeure en hausse en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. Et pourtant des nombreuses mesures ont été prises par les pays beaucoup plus concernés par le phénomène, tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin… Déjà en 2002, le Conseil de l’Entente qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo et le Mali, avait initié le “laisser passer” pour accompagner les enfants mineurs voyageant au sein de leur espace communautaire.

Le but était de freiner le trafic des enfants. Aussi, entre le Mali et la Côte d’Ivoire existe un accord de coopération contre le trafic transfrontalier.

Cet accord a pour objectif de permettre de mieux repérer les réseaux de trafiquants et de rapatrier les enfants rescapés. Et récemment au Mali, un projet a été lancé par le ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille et dont le but est de prévenir et protéger les enfants contre les risques du trafic et d’exploitation. Ce projet va intervenir dans la région de Sikasso.

Malgré toutes ces mesures, le phénomène de trafic d’enfants persiste et nécessite le concours de tout le monde pour arriver à des résultats plus satisfaisants.

Aimé RODRIGUE

04 août 2005