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L’ADEMA, l’URD, le RPM, SADI devraient participer à ce gouvernement de 1+17, c’est-à-dire 18 membres y compris le Premier ministre. Les deux premiers partis lient toutefois leur participation à «la libération immédiate et sans condition» des personnalités arrêtées cette semaine de «façon arbitraire».

Hier, au Quartier général du CNRDRE à Kati, plusieurs personnalités parmi lesquelles le Premier ministre de Transition, Dr Cheick Modibo Diarra, ont été reçues par le capitaine Amadou Haya Sanogo, dans le cadre des consultations régulières en vue de la formation du gouvernement de Transition.

Nommé le lundi dernier aux commandes de ce gouvernement, Dr Cheick Modibo Diarra a commencé depuis les consultations en vue de pouvoir proposer, dans les meilleurs délais, au peuple malien un gouvernement susceptible de répondre à ses aspirations profondes. A l’image même de celui en qui le CNRDRE et la CEDEAO ont fait confiance en lui confiant les rênes de la nation : à savoir Dr Cheick Modibo Diarra. Héritier d’un bilan lourd comme un fardeau de défis, les uns plus complexes que les autres, le navigateur interplanétaire est attendu sur la terre ferme par l’ensemble de ses compatriotes afin de voir si le choix porté sur lui a été judicieux ou non.

C’est dire que la qualité des hommes et femmes de ce futur gouvernement sera comme une sorte de baromètre afin de jauger, dès maintenant, les capacités du chef du gouvernement à faire face aux défis qui sont désormais les siens.

Le CNRDRE, qui a depuis défini des critères pour être membre du nouveau gouvernement a, selon des sources concordantes, jeté son dévolu sur l’ancien Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, pour occuper le portefeuille de l’Economie et des Finances ou celui de la Justice. Le nom du magistrat syndicaliste, Founé Mahalmadane est également cité pour ce poste très sensible. Dr Rokia Sanogo du parti Sadi et de MP22 pourrait être nommée à la Santé. Un autre cadre, certes effacé mais très efficace et très pointilleux, Dr Moussa Traoré, neurologue au CHU du Point G est également pressenti pour occuper ce portefeuille. De même, conformément aux recommandations de la rencontre des forces vives du Mali à Ouaga les 14 et 15 avril dernier, il sera créé un ministère chargé du développement social, de la solidarité nationale et de l’Action humanitaire.

Quant aux autres postes : Miche Sidibé est cité pour occuper un super ministère des Affaires étrangères, de la coopération internationale, de l’intégration africaine et des Maliens de l’extérieur ; à l’Economie et aux Finances, le nom de Mohamed Alhousseyni Touré, ancien ministre des Affaires étrangères sous le président Alpha Oumar Konaré, revient pour ce portefeuille ; l’ancien ministre de l’Environnement Nancoma Kéïta du RPM est pressenti à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire ; Ibrahima N’Diaye, vice-président de l’ADEMA devant diriger le ministère du Logement et des Affaires foncières ; Abdramane Touré de l’URD, qui fut Secrétaire général de ce département, est attendu pour occuper le poste de ministre du Travail et de la Fonction publique ; le ministère de l’Industrie, du commerce et des investissements confié à Issa Coulibaly, qui fut directeur général adjoint à BOAD (Banque ouest africaine de développement) ; en ce qui concerne l’Education, on n’hésiterait encore entre Bani Touré et Diala Konaté ; Yaya Seck est pressenti pour diriger le département de l’Equipement et des Transports. Quant au futur ministère chargé des élections, le choix n’est pas encore fixé sur son titulaire. Le choix du Général Siaka Sangaré pour ce poste étant désormais à exclure après la visite que les militaires lui ont rendu à son domicile… en son absence.

En ce qui concerne encore l’ancien Vérificateur général, on raconte qu’il a déjà commencé, à la demande du CNRDRE, de faire l’état (l’audit) de la nation de 1992 à 2012. C’est dire qu’il n’aura pas chômé pour longtemps.

En tout cas, ce sont sept portefeuilles clés que le CNRDRE entend pourvoir lors de la composition du nouveau gouvernement, à savoir : la Défense, la Sécurité, l’Intérieur, l’Economie et les Finances, la Justice, les Mines et la Santé. Cela, dit-on, dans le but de suivre de près l’organisation de la Défense nationale et de la Sécurité, la gestion des finances publiques, la destination des ressources issues de l’exploitation de l’or, l’organisation des élections libres et transparentes, la gestion des ressources allouées à la santé et qui ont tendance, ces dernières années, à prendre d’autres destinations. Pour rappel : le gros scandale du Fonds mondial dont notre pays n’a pas encore fini de rembourser les fonds dilapidés au détriment de la santé des Maliennes et des Maliens.

Après que le CNRDRE eut choisi ces départements clés, on se demande maintenant si les partis politiques accepteront de se contenter de la portion congrue…qui reste. Surtout quand on apprend, aux dernières nouvelles, que des partis membres du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FRD, opposé au CNRDRE) auraient conditionné leur participation à un futur gouvernement à la libération des personnalités arrêtées et détenues depuis les lundi, mardi et mercredi derniers.

Le climat politique s’étant détérioré après l’arrestation de ces vingt-deux personnalités militaires mais surtout civiles et politiques. Et parmi lesquelles les candidats à l’élection présidentielle Soumaïla Cissé de l’URD et l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé. C’est dire que la composition du gouvernement d’union nationale sera assez laborieuse.

A moins que d’ici là, ces éminentes personnalités de la classe politique recouvrent la liberté. Ce qui est aujourd’hui le souhait de l’écrasante majorité de la population.

Mamadou FOFANA

Le 20 Avril 2012