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La coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance et le mouvement arabe de l’Azawad présents à Ouagadougou dans le cadre des pourparlers entre le gouvernement du Mali et les groupes armés, après analyse du projet d’accord qui leur a été soumis, mettent en garde l’Etat, la France, la médiation et l’opinion internationale contre la signature de tout accord qui ne prend pas en compte les aspirations de toutes les communautés du nord en particulier et l’ensemble du peuple malien en général.

Les réserves formulées par ces groupes concernent la commission mixte de sécurité, l’utilisation de l’Azawad comme revendication politique, l’entrée graduelle de l’armée à Kidal, la réintégration des combattants du MNLA dans l’armée régulière et la suppression des mandats d’arrêt.

Pour maitre Harouna Toureh les points ci-dessus cités ont été largement discutés avec le mouvement arabe. Selon lui, les Arabes sont farouchement opposés à l’utilisation par le MNLA du terme Azawad. Un terme qui serait originaire de l’arabe et non du tamasheq comme prétendent nous le faire croire les indépendantistes touareg.

Pour le Pr. Younoussou Touré : « Tous les accords qui ont été signés entre l’Etat et les rebelles en vue de trouver une solution durable l’ont été avec une minorité de touaregs qui ne représentent même pas leur communauté d’origine» Abdourhamane Maïga a expliqué que les groupes armés du nord que sont le MAA et le CMFPR s’opposent à l’intégration des combattants du MNLA dans l’armée. Il a déclaré que dans chaque rébellion, ce sont les intégrés qui sont souvent à la base de la violation des accords. Pour lui, son mouvement ne s’opposera pas à leur réintégration dans d’autres secteurs de la vie économique.

Me Traoré Kadidia Doucouré pour sa part s’insurge contre la suppression des mandats d’arrêt contre ceux qui ont commis des crimes sur des civils et des prisonniers de guerre.

« La justice doit faire son travail sinon demain c’est la population qui va se lever pour se faire justice et ça c’est dangereux. Je dirais même que leur sécurité dépend de leur traduction devant les tribunaux pour être jugés conformément à la loi « a-t-elle dit. » Les Arabes et le CMFPR s’indignent de l’absence dans le document d’un passage consacré au dédommagement. Parce que ce sont les sédentaires qui ont tout perdu pendant l’occupation « ajoute Mahamane Alhassane Maïga. »

Nous ne défendons pas un régime, nous ne sommes pas avec un quelconque gouvernement contrairement à ce que pense l’opinion internationale et nous ne sommes pas contre une communauté. Nous sommes tout simplement des républicains, nous nous organisons pour nous défendre et préserver nos biens. Puisque chaque fois que l’armée se retire, ce sont nos populations qui sont victimes.

Si les préoccupations de nos populations ne sont pas prises en compte, nous boycotterons toutes les initiatives prises dans l’accord et poserons des actes qui ne seront pas de nature à apaiser la situation et favoriser l’organisation des élections auxquelles aspire la communauté internationale et le gouvernement du Mali », conclut Me Toureh.

Donc, c’est un message lancé à l’endroit de la médiation, du gouvernement malien, de la France et de l’opinion internationale. Il vaudrait alors mieux, pour la stabilité de toute la région, adopter une vision à long terme, en prenant en compte le développement socio-économique du Mali que les partenaires internationaux se sont engagés à soutenir, massivement, dans la marche vers la paix durable. Surtout que tous estiment qu’avec le dialogue inclusif on pourra régler durablement et définitivement la question du nord.

Moussa SIDIBE

Depuis Ouaga

14 Juin 2013