Partager

Tout visiteur averti dans cette ville constate depuis la floraison d’engins à deux roues tant en ville qu’à la campagne. Une fois les récoltes terminées et l’argent du coton empoché, les jeunes n’ont qu’un seul souci : se payer une moto. Ils sont aidés dans cette entreprise par les parents.

C’est pourquoi le cercle de Kita, à l’image d’autres villes du pays, est rempli d’engins à deux roues : Yamaha 100 en provenance de la Chine, motos Dragon, Sanili, Yamaha mate etc. Mais il y a le revers de la médaille. Les accidents de circulation se multiplient, entraînant souvent mort d’homme.

Les forces de sécurité, dont la mission principale est la sécurité des hommes et de leurs biens, se voient interpellés. D’où les contrôles de routine des pièces de ces motos. C’est pourquoi, à tous les postes de contrôle, carrefours et ronds points stratégiques de Kita il n’est pas rare de voir les agents attendre leurs proies.

Coup de sifflet : « bonjour ou bonsoir monsieur, les pièces de la moto s’il vous plaît… ».
C’est ainsi qu’un agent de la circulation à Kita aborde les motocyclistes.

Les pièces qu’ils demandent sont : la facture d’achat de l’engin, la vignette, la carte grise, et même le permis de conduire. « D’accord pour la facture d’achat de l’engin, et la vignette » répond un usager.

Ce qui irrite beaucoup plus les motocyclistes de Kita, c’est que les policiers leur demandent la carte grise ou le permis de conduire pour une moto. Et tout motocycliste qui n’est pas en possession de toutes ces pièces s’expose à des sanctions, il doit payer une somme forfaitaire variant entre 1.000 et 2.500 Fcfa.

Le défaut de présentation de la seule vignette équivaut à une infraction punie à 6.000 Fcfa. Selon nos sources, à part la contravention pour laquelle les policiers délivrent un reçu au fauteur, dans les autres cas ils se partageraient les petites sommes de 1.000 Fcfa à 2.500 Fcfa qu’ils amassent.

Mais cette année, avec la conjoncture économique, surtout la menace de famine qui frappe les pauvres paysans de Kita, les populations lasses d’être perpétuellement rançonnées par les forces de sécurité, sont au bord de la révolte.

Le mardi 26 avril dernier, deux stations radio FM de la ville de Kita ont ouvert le débat sur le comportement des policiers qui rançonnent dans la circulation.

Est-il normal qu’un policier demande à un motocycliste le permis de conduire ou la carte crise, s’interrogent les animateurs de ces radios ?

Dans la foulée, le Commissaire de Kita, selon nos sources, a reçu un groupe de manifestants venus se plaindre du comportement peu orthodoxe de certains de ses agents sur le terrain.

Le Commissaire leur aurait répondu qu’il ferait tout pour moraliser le contrôle des pièces des engins à deux roues dans le cercle de Kita et environnants.

Tout agent de sécurité dans la circulation qui serait pris la main dans le sac s’exposerait à une sanction disciplinaire, a averti le Commissaire.

En tout état de cause, la tension à Kita entre populations et forces de l’ordre est vive.

Daba Balla KEITA

5 mai 2005