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Sous la Présidence du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Fanta Sylla, un programme national de lutte contre la toxicomanie en milieu carcéral a été lancé hier. Ce programme, une initiative du l’ONG Envarts SOS déshérité, a été réalisé grâce au partenariat avec l’organisation mondiale de la santé OMS et le Ministère de la Santés de notre pays. La cérémonie de lancement de ce programme, qui s’étend sur une durée de trois ans s’est déroulée en présence de Mahamadou Lamine Cissé, Secrétaire Exécutif de ladite organisation.

Dans son discours à la cérémonie de lancement de ce programme, le Secrétaire Exécutif de Envarts SOS Déshérité signalera que depuis des années, l’organisation mène une série d’activités en faveur de l’ensemble de la population malienne. Ainsi selon lui, grâce aux efforts conjugués de ses partenaires et de l’Etat, elle a pu apporter une contribution en faveur de la limitation de la détention préventive, la vulgarisation des nouveaux textes juridiques, la vérification de la garde à vue, l’équipement et l’informatisation de la police Judiciaire ainsi que l’humanisation de la garde à vue évacuation des enfants nés de malformation. C’est aussi à partir de ces expériences que, dira-t-il, l’organisation a jugé nécessaire d’élargir son cadre d’intervention en milieu carcéral à la toxicomanie par des actions de formation et de sensibilisation.

Si la drogue en milieu carcéral est une triste réalité dans bien des pays, pour le Secrétaire Exécutif de Envarts SOS déshérité, Mr. Mahamadou Lamine Cissé partout au monde les systèmes luttent contre la triste réalité que constitue le fléau. Pour lutter contre le problème que pose la drogue en milieu carcéral a-t-il poursuivi, il faut développer des politiques stratégiques pour freiner la consommation de toutes formes de drogue.

En pratique, cela signifie que le personnel essaie d’empêcher l’introduction de drogue dans les établissements, d’aider les détenus à lutter contre la toxicomanie et de contribuer à réduire les méfaits associés à la drogue, notamment par la vaccination thérapeutique et les méthodes alternatives, a-t-il laissé entendre. Si divers programmes fondés sur la recherche et sur des pratiques exemplaires peuvent être élaborés pour aider les détenus ayant des problèmes de toxicomanie, le Secrétaire Exécutif de Envarts reste convaincu que les meilleurs programmes de prévention et de traitement sont ceux qui ciblent les besoins précis d’une population donnée.

Aussi, il se dit persuadé que ce projet permettra d’atteindre une meilleure prise de conscience sur le phénomène, une plus grande implication du personnel chargé des maisons d’arrêt, une expérimentation des cures de désintoxication. L’initiative prise par l’organisation de lancer le présent programme de sensibilisation et de formation sur la toxicomanie en milieu carcéral est salutaire à plus d’un titre et conforte le Gouvernement dans la conduite de sa politique d’humanisation des conditions de détention, à travers la promotion des droits des personnes détenues et leur droit à la santé physique et mentale, a déclaré Me Fanta Sylla dans son discours de lancement. La toxicomanie qui touche de plein fouet les couches les plus fragiles de notre population et en particulier les jeunes, ainsi qu’en attestent de nombreuses enquêtes et études, fait partie des préoccupations majeures du gouvernement du Mali, a poursuivi le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Pour elle, la mise en oeuvre de ce programme, au delà de la répression, contribuera à cerner davantage le phénomène de la toxicomanie en milieu carcéral et à mieux outiller les intervenants dans les établissements pénitentiaires contre ce fléau qui, dira-t-elle, a pour effet de porter gravement atteinte à la santé des détenus et de compromettre durablement leur insertion sociale.

Loin de se cantonner dans une approche de traitement médical des effets de la toxicomanie au niveau carcéral, ce programme, qui est lancé, comporte des volets touchant au dispositif juridique de lutte contre le fléau de la toxicomanie tout en envisageant une action concertée des acteurs à l’échelle des pays de l’UEMOA. Toutes choses qui ont fait dire à Me Fanta Sylla que le Département de la Justice est d’autant plus attentif et intéressé à l’évolution de ce phénomène, car, en milieu carcéral, la toxicomanie peut avoir des liens étroits avec la sécurité, tout en ce qui concerne les détenus eux-mêmes que pour ce qui est des personnels de santé et de surveillance et d’encadrement.

Il faut noter que le projet ainsi élaboré comprend trois phases réparties sur trois zones: Zone 1 (régions de Koulikoro, de Kayes et le District de Bamako) : Zone 2 (régions de Ségou, Sikasso et Mopti), puis la zone 3 qui couvre les régions de Tombouctou, Kidal et Gao. Ce projet doit s’étendre sur une durée de trois ans.

Laya DIARRA

31 janvier 2007.