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Lors de la marche de protestation des journalistes contre l’agression de leurs confrères, le mardi 17 juillet, le dispositif sécuritaire était impressionnant, très impressionnant. Tout le contraire pour les manifestants qui sont partis tranquillement agresser le président de la République jusque dans son palais.
Après l’agression physique du président de la République Dioncounda Traoré, ceux qui soutiennent mordicus le gouvernement de l’ex-chef d’Etat, pardon, du capitaine Amadou Haya Sanogo, refusent d’admettre que le Président Traoré a été tout simplement livré par les ministres en charge de la Sécurité aux assaillants qui ont parcouru plusieurs kilomètres pour se rendre au Palais, portant un cercueil sur lequel était inscrit le nom du président de la République, Dioncounda Traoré.

Leur intention macabre ne souffrait d’aucun doute. Où étaient les forces de sécurité massivement mobilisées dans le cadre de la marche pacifique de protestation des journalistes contre le musèlement de la presse ?
Sans arme ni cercueil, les journalistes ont été encadrés par l’armée malienne (garde nationale) accompagnée par la police nationale et la gendarmerie. Les absents de l’armée étaient les Bérets rouges dont beaucoup sont encore dans la nature. Et les Bérets verts occupés à veiller sur la sécurité de leur mentor, en l’occurrence Amadou Haya Sanogo.

Depuis 08 heures du matin, le lieu de rassemblement des journalistes marcheurs a été pris d’assaut par des hommes en tenue. Les passants stupéfaits de cette présence massive des militaires en ces endroits imaginaient que, par hasard, Iyad Ag Ghaly serait caché dans les locaux du siège de L’Indépendant. Après une vingtaine de minutes de marche, un autre camion bien rempli de gendarmes ont rejoint le cortège au niveau du siège du Bloc administratif et commercial de l’Aci.

Animés par la sagesse, les marcheurs, malgré cette présence agaçante des hommes en tenue, ont pu se retenir. Mais, la surprise fut grande quand ils sont arrivés devant la Cité administrative. L’accès des journalistes à la Primature a été empêché de façon musclée. Il a fallu plus de 20 minutes de négociations pour franchir le portail. Alors, que certaines associations, des groupements de désœuvrés, y entrent souvent sans motif.

Devant la Primature, c’était l’armée au complet qui y attendait les journalistes, même les Bérets verts y étaient, bien perceptibles. Et tout cela, pour protéger le bureau du Premier ministre, parti au Burkina Faso. S’il s’agit de veiller sur le protêger du capitaine Sanogo, toute l’armée est mobilisée. Mais pour le président de la république que le Cnrdre abhorre, patatras !

Cela prouve à suffisance que le président intérimaire a été livré par ceux qui devaient le protéger, pour appuyer la thèse du complot qui se précise au fur et à mesure que les enquêtes avancent. En effet, si le Pr Dioncounda avait bénéficié d’autant de protection, on aurait été épargné de ce que nous vivons. Il s’agit de la honte d’un pays qui prend plaisir à tabasser son président de la République. Et de quelle manière !

Oumar KONATE

19 Juillet 2012