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Le Mali s’est classé dernier le week-end dernier à Niamey à la 6e coupe du Tournoi de lutte traditionnelle organisée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Quelques jours après ce faux pas des Aigles lutteurs, Sinaly Traoré, entraîneur national de l’équipe malienne a bien voulu partager son analyse de la situation. Il pense que le manque de regroupement et d’équipe expliquent le maigre résultat des Aigles.

« Le manque de regroupement et d’équipe nous ont pénalisés », affirme Sinaly Traoré, entraîneur national des Aigles lutteurs, ce qui, ajoutera-t-il, traduit les difficultés rencontrées de sa sélection face à ses homologues, dont le Niger et le Sénégal, parti après trois mois d’internat et de l’argent frais pour les lutteurs.

Toute la compétition durant, notamment dans les combats individuels, le Mali, à la recherche des lutteurs, a fait des prestations en dessous de ses capacités habituelles. La raison ? « Nous avons manqué de rythme car nos combattants ont été sans la moindre préparation pour la simple raison que nous n’avions pas accès à eux. La plupart d’entre eux sont loin de Bamako. Insuffisants pour les mettre véritablement en jambes », explique l’entraîneur national.

Et d’ajouter que « dans ces conditions, il était difficile de dégager une équipe alerte. Nous avons été obligés de faire appel à un combattant de l’arène pour compléter le déficit, sans oublier le cas d’un autre, chauffeur de taxi, attrapé en pleine circulation. De toute façon, nous avons participé, et tiré les enseignements utiles pour les futures échéances », se console-t-il.

La situation est dramatique pour cette jeune Fédération (deux années d’existence seulement) sous la houlette du duo Sinaly Traoré et Ibrahima Sacko qui financent eux-mêmes les activités de cette discipline au Mali. Le premier est l’entraîneur national et promoteur d’une école de lutte et le second est le président de l’écurie Tanga sport et parrain du récent gala qui portait son nom.

Leur problème serait lié à l’ancienne Fédération qui avait existé plus de deux décennies, qui, malheureusement, n’a pu résoudre les vrais problèmes de la lutte dans notre pays comme l’exemple des lutteurs du plateau Dogon. « Je demande aux autorités de nous faire confiance car nous voulons bien faire venir ces lutteurs de leur région d’origine. Leur lutte n’est pas conforme aux normes internationales », précise l’entraîneur national.

Neuf pays de la Cédéao ont pris par au tournoi avec une équipe de 5 lutteurs chacun, excepté le Mali qui n’avait que 3 lutteurs. Il s’agit de Diakaridia Togo dans la catégorie (-75 kg), Hamidou Traoré (85 kg), Abdoulaye Tall dit Baba (+100 kg). L’équipe du Sénégal, qui a battu en finale celle du Nigeria, remporte son 5e titre depuis la tenue de la 1re édition du tournoi en 2001.

La Cédéao a institué la lutte traditionnelle comme sport communautaire et s’emploie depuis pour qu’elle soit retenue comme discipline olympique.

Boubacar Diakité Sarr

09 avril 2008.