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La sélection nationale s’est créée une demi-douzaine d’occasions nettes contre le Burkina Faso, mais n’en a pas concrétisé une seule. Aujourd’hui, le keeper-capitaine Soumaïla Diakité et ses coéquipiers devront impérativement hausser le niveau de leur jeu pour espérer faire mieux contre la Côte d’Ivoire.

«Je préfère une équipe qui ne produit pas de spectacle ou des beaux gestes mais qui marque qu’une équipe qui domine tout le match sans marquer». Cette déclaration du technicien Djibril Dramé résume parfaitement la prestation des Aigles contre les Etalons du Burkina Faso, samedi lors de la première journée du tournoi de l’UEMOA. En effet ce n’est pas le match nul (0-0) qui a mis le technicien de la sélection nationale dans cet état mais plutôt l’inefficacité des attaquants maliens devant les buts adverses. La sélection nationale a dominé le match de la tête et des épaules et s’est créée pas moins de 10 occasions nettes. Mais pas une seule fois, les nôtres n’ont réussi à mettre la balle au fond des filets du Faso.

Inutile donc de dire que ce nul est une mauvaise opération pour la sélection nationale désormais condamnée à gagner ses deux derniers matches contre la Côte d’Ivoire et le Togo pour être sûre de disputer la finale. Samedi au stade Robert Champroux, les Aigles ont commencé la partie le pied au plancher. Dès la 6è minute, le meilleur buteur du dernier championnat, Moussa Koné se signale avec cette reprise de la tête qui obligera le portier burkinabé, Pièrre Daïla à sortir le grand jeu pour dévier le ballon en corner. Après cette première alerte, les protégés de Djibril Dramé vont installer le siège dans le camp adverse.

Ils se créent de nouvelles occasions à l’image de Mamadou Tounkara bien servi par Adama Traoré, mais qui se mélange les pédales au moment où il s’apprêtait à armer son tir (40è min). Dans la foulée le même joueur se présente seul dans la surface de réparation, avant de s’écrouler (45è min). Au retour des vestiaires, les Aigles gardent le même rythme mais ne parviennent pas à concrétiser leur domination. Suite à un débordement de l’ailier droit Adama Traoré, l’attaquant du COB, Mamadou Tounkara, voit sa reprise de la tête s’écraser sur la barre transversale (47è min). Voulant coûte que coûte gagner la rencontre, l’entraîneur Djibril Dramé intègre deux nouveaux joueurs à vocation offensive.

Abdoulaye Sissoko et Lassana Diarra remplacent, respectivement Hamidou Traoré et Adama Traoré. Ces deux joueurs vont peser de tout leur poids sur la défense mais le tableau d’affichage restera inchangé jusqu’au coup de sifflet final du référé central, Tohougnou Gustave. Auparavant, l’hôte du tournoi, la Côte d’Ivoire avait dicté sa loi devant le Togo (1-0), prenant ainsi la tête de la poule avec 3 points, contre 1 pour le Mali et le Burkina Faso et 0 pour les Eperviers du Togo. Après ce nul, la victoire est impérative pour les Aigles, aujourd’hui face aux Eléphants ivoiriens. En tout cas, un nouveau nul compromettrait sérieusement les chances de qualification de l’équipe, alors que la défaite sera synonyme d’élimination. Djibril Dramé et ses joueurs doivent donc oublier la mauvaise opération contre le Faso pour se concentrer sur le match contre la Côte d’Ivoire.

Un match d’autant plus important pour Soumaïla Diakité et ses partenaires qu’une victoire propulserait l’équipe en tête du groupe. Mais la tâche ne s’annonce pas facile pour la sélection nationale, surtout si celle-ci n’arrive pas à corriger les lacunes étalées contre les Etalons. Des défaillances qui se résument essentiellement au manque de concentration devant les buts adverses. Comme lors des matches de préparation et des éliminatoires du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), les Aigles ont surtout souffert du manque de contenance contre le Burkina Faso. Dans cette confrontation avec la Côte d’Ivoire que d’aucuns présentent déjà comme la «finale du groupe», tous les détails seront importants et la moindre erreur risque de se payer chère. L’équipe doit être prête sur le plan physique mais aussi sur le plan mental.

Or, face au Faso, certains joueurs notamment ceux du Stade malien sont apparus un peu fatigué à l’image de Cheick M. C. Doumbia, Issaka Samaké ou encore Abdoulaye Sissoko. La campagne de la coupe de la Confédération est passée par là. Côté ivoirien, les joueurs semblent conscients de l’enjeu de ces retrouvailles avec le Mali et ils savent que la qualification en finale se joue en grande partie, aujourd’hui contre les joueurs de Djibril Dramé. Ces déclarations du milieu offensif des Eléphants, Cheick Mounkoro résument parfaitement le sentiment général des Ivoiriens. «Nous nous sommes bien sortis de cette rencontre (contre le Togo, ndlr).

Maintenant, il faudra sérieusement préparer la rencontre contre le Mali et nous allons nous concentrer sur cela. Nous allons mettre le paquet pour surprendre notre adversaire. Parce que c’est une «finale» pour nous. Et comme nous voulons aller en finale, il faudra impérativement surclasser le Mali. Donc, nous allons nous en donner les moyens. C’est vraiment ce qu’il nous faudra pour pouvoir accéder en finale». Djibril Dramé et ses protégés sont donc avertis.

Envoyés spéciaux

D. COULIBALY

Morimakan COULIBALY

Samedi 26 octobre au stade Robert Champroux Mali-Burkina Faso : 0-0 Arbitrage de Tohougnou Gustave assisté de Louis Sonia et Nouha Bangoura. Mali : Soumaila Diakité (cap), Souleymane Konaté, Issiaka Samaké, Mahamadou Traoré, Ousmane Keïta, Cheick M. C. Doumbia, Hamidou Traoré (Abdoulaye Sissoko), Yaya Samaké, Moussa Koné (Mamadou Tounkara) et Adama Traoré (Lassana Diarra).

Entraîneur : Djibril Dramé

Burkina Faso : Pierre Daïla (cap), Mohamed Kabor, Issa Gouo, Issoufou Dayo, Sani Yellebouré, Yacouba Paré (Passekyelogo Zongo), Aboubacar S. Traoré (François Yaméogo), Oumarou Nebie (Youssouf Kaboré), Aboubacar S. Barry, Winkomé Zoungra et Bassirou Ouédrago.

Entraîneur : Brama Traoré.

Les supporters maliens ratent le premier match des Aigles

L’absence des supporters maliens n’est pas passée inaperçue lors de la première journée, groupe A. Alors que le coach Djibril Dramé et ses joueurs s’attendaient à une présence massive des supporters maliens, ils n’ont vu personne pendant le match. L’explication est simple : parce que les nombreux supporters maliens qui ont fait le voyage d’Abidjan sont arrivés en retard dans la capitale Ivoirienne.

Le match a commencé à 16h alors que le douzième Aigle n’est arrivé à Abidjan que dimanche vers 2h du matin. Selon un responsable de l’Union nationale des associations des supporters des Aigles du Mali (UNASAM) c’est un mauvais calcul de temps qui explique l’arrivée tardive des supporters à Abidjan. «La délégation, explique-t-il, devait quitter Bamako vendredi matin, mais c’est samedi que nous avons quitté.

C’est toujours les mêmes problèmes qu’on rencontre parce qu’on est mal organisé. On voulait être là pour supporter les Aigles, surtout pour ce premier match mais on a raté notre objectif. C’est vraiment dommage», se lamente notre interlocuteur qui a requis l’anonymat.

Du côté du staff technique, on regrette également l’absence des supporters lors de ce premier match des Aigles contre les Étalons du Faso. «C’est dans des matches comme celui-ci qu’on connaît la vraie place et l’importance des supporters, dira notre interlocuteur. Malheureusement, nous avons dû faire sans les supporters. On attend donc un rachat de l’UNASAM aujourd’hui contre la Côte d’Ivoire. C’est un match capital pour lequel on aura besoin du soutien des supporters».

D. C. M. C.

Essor du 28 Octobre 2013