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Fallait-il intervenir pour soutenir la révolution libyenne et mettre fin au « régime kafkaïen » du colonel Kadhafi ? Cinq ans après, la Libye est plongée dans le chaos. Et les questions sur la nécessité d’agir à l’époque sont revisitées à l’aune de l’actuelle tragédie syrienne. En mars 2011, les responsables occidentaux, le président français Nicolas Sarkozy en tête, n’ont pas le moindre doute. La révolution libyenne, qui a éclaté en février dans le sillage du printemps tunisien est menacée par un « Kadhafi devenu fou ». Le clan du président libyen, au pouvoir depuis 42 ans, promet des « rivières de sang », notamment à Benghazi, ville rebelle de l’est libyen. Les Occidentaux réussissent à passer une résolution au Conseil de securité de l’ONU instaurant une zone de protection aérienne et autorisant « toutes les mesures nécessaire pour protéger les civils », avec l’abstention de la Russie.La résolution ouvre la voie aux frappes aériennes occidentales et arabes. « Sans l’intervention il y aurait eu un massacre à Benghazi, il n’y a pas le moindre doute », martèle une source européenne présente dans la ville libyenne en 2011. « Il y avait une vraie révolution. Les gens ne voulaient pas vivre une minute de plus sous ce régime kafkaïen de Kadhafi », relate cette source. Mais si l’intervention occidentale a empêché un massacre, elle a aussi conduit à la chute du régime et à la mort de Kadhafi, lynché le 30 octobre dans un égoût après que son convoi eut eté bombardé par des frappes de l’OTAN. Malgré des élections en 2012, remportées par les libéraux, la Libye a sombré dans le chaos et vit sous le règne des milices. Les arsenaux de Kadhafi ont été pillés, les combattants se sont éparpillés au Niger, au Mali et en Tunisie, les jihadistes de l’Etat islamique se sont incrustés dans le pays. La faute aux Occidentaux qui n’ont pas préparé « le jour d’après »? AFP