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Prêtant son flanc à l’ire d’une Nation tourmentée par une profonde crise sociale, le Gouvernement Modibo Sidibé semble avoir atteint toutes ses limites dans la conduite des affaires du pays.

Aussi, l’opacité, le clientélisme, la corruption à grande échelle, le népotisme, l’injustice sociale…ont vaillamment conquis le terrain de la gouvernance.

En effet, ces vocables sont, on ne peut plus, devenus les maîtres mots d’une politique outrageusement érigée en mode de gouvernance par l’actuel attelage gouvernemental du Mali.

Point n’est besoin de signifier que les dérives ont atteint leur paroxysme dans cet État où, désormais, toutes les politiques sociales vont à vau l’eau. Pis, l’irresponsabilité de l’État est criarde.

Ce n’est donc pas fortuit si, aujourd’hui, bien de maliens éprouvent des remontrances vis-à-vis de l’Exécutif. Les mots manquent pour qualifier les bavures du gouvernement Modibo Sidibé.

Et pour cause, tous les secteurs de la vie socio économique sont affectés par une léthargie sans précédent.

Au fil du temps, cette équipe s’est essoufflée. Au moment même où les besoins de la nation vont croissant.

« Il faut absolument sauver les meubles » disait cet autre qui préconise l’urgence qu’il y’a à remanier le Gouvernement.

Mais la question que l’on est en droit de poser est de savoir si le remaniement viendrait à résoudre tous les maux qui minent la nation.

En tout cas, plusieurs fois, ATT a reçu la sommation de changer le Gouvernement.

Les raisons sont connues. Car, pour nombres de maliens, son seul crime aura été de mettre à la tête du gouvernement un homme inflexible et complètement fermé au dialogue.

Cette situation, aux dires de nombreux observateurs est à la base de la panoplie de tension syndicale que connaît le pays depuis un certain temps.

En effet, depuis bientôt 5 ans, le malaise social est une triste réalité au Mali.

Jamais le front syndical n’avait connu une telle ébullition.

Le moins que l’on puisse dire est que, le Gouvernement Modibo Sidibé a véritablement atteint ses limites dans la gestion des affaires publiques.

Aujourd’hui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est bien celle de la situation des enseignants du supérieur.

Même si aujourd’hui, les enseignants ont accepté d’observer une trêve, il ne faut nullement perdre de vue l’attitude militaire des plus hautes autorités.

Certes, ces enseignants ont dépassé les limites d’une courtoisie syndicale, mais force est de signaler que l’attitude du Gouvernement (à faire traîner les doléances plutôt que de s’employer à un dénouement durable) a fait que les enseignants ne céderont pas de sitôt.

Au fil du temps, et d’année en année, les revendications du corps professoral se sont amoncelées. Et, face à un manque de dialogue fécond entre le Gouvernement et le corps enseignant, le blocage était inévitable.

Que ça soit la furia des déguerpis du site de Tabacoro, et le vaste mouvement d’humeur des travailleurs licenciés de Huicoma, aucune couche de la société ne se sent à l’abri d’une véritable insécurité sociale.

Le hic est que, jamais cet État n’a laissé une frange de sa population manifester son mécontentement.

Toutes les mesures répressives sont mises en branle pour dissuader des manifestants.

Les récalcitrants se sont toujours fait tabasser par des barbares, c’est-à-dire les forces de l’ordre. Ce qui n’a jamais été du goût d’une société visiblement excédée.

A cela s’ajoutent les difficiles conditions d’acquisition des logements sociaux.

Le spectre d’une levée de bouclier plane sur la probable adoption de certains textes de loi.

C’est certainement le cas du fameux code de la famille et la loi sur l’abolition de la peine de mort, dont les adoptions ont été renvoyées aux calendres grecques.

La conférence de presse du chef de l’État ATT, lors du 8 juin, a sonné le glas d’une mise en évidence des attentes populaires.

Mais, ATT ne semble pas mesurer l’urgence qu’il y a, à procéder à un remaniement.

Pourtant, la pression, pour ce faire, est toute forte.

Aujourd’hui, le remaniement est plus que jamais un impératif !

Quoi qu’on dise, ATT, malgré sa grande inflexibilité, n’a nullement le choix de procéder autrement.

El Hadj Ibrahim D. Diarra

Administrateur à la retraite

Kalaban-Coro

Le 26 Mars du 20 Juillet 2010.