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Autorisé, pas autorisé ? C’est le dilemme qui a hanté les responsables du «collectif touche pas à ma constitution» qui envisageaient la tenue d’un sit-in à la porte de l’Assemblée nationale du Mali, ce samedi 11 février 2012. La manifestation n’aura donc pas eu lieu. Et pour cause ?

«Pour le Mali, nous sommes résolus de mourir. Aussi, debout villes et campagnes, debout jeunes et vieux pour la patrie en marche, vers l’avenir radieux, pour notre dignité. Renforçons bien nos rangs pour le salut public». Voilà la conclusion d’une déclaration que le collectif touche pas à ma constitution devait remettre à l’Assemblée nationale le 11 février. Pour se faire, un sit-in a été programmé à la porte de l’institution parlementaire qui a largement approuvé le projet de constitution, objet de la contestation.

jpg_assemblee-6.jpgDans ladite déclaration, le collectif exige «l’abandon du projet de révision de la constitution» au référendum du 29 avril et «l’organisation diligente des élections présidentielle et législative». En réaffirmant sa solidarité et son soutien à l’armée nationale au sujet de la crise du nord, le collectif estime qu’il est plus judicieux d’investir les fonds destinés à l’organisation du référendum à l’entretien des forces de défense et de sécurité sur le front. «Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire», soutient le collectif, se prévalant de l’article 118 de la constitution du 25 février 1992.

Mais hélas ! Le président de l’institution parlementaire, le Pr. Dioncounda Traoré, ne recevra pas cette déclaration, où du moins à travers la voie initiale. Les responsables du mouvement ont adressé une correspondance aux autorités administratives et politiques du pays les informant du sit-in devant acheminer la déclaration. La manifestation n’a pas été interdite officiellement mais elle n’a pas, non plus, eu lieu. Tôt le matin, les portes de l’Assemblée nationale, en plus d’être closes, étaient occupées par les forces de sécurité. Le même dispositif sécuritaire très impressionnant était établi sur les différentes voies d’accès de l’institution. Et le collectif a purement et simplement décidé de sursoir à la manifestation.

«Compte tenu du contexte du pays, nous ne voulons pas être des bouc-émissaires» se justifie Mohamed Touré, secrétaire général de la Coordination des mouvements démocratiques (Comode). Ce dernier a affirmé avoir appris de manière informelle auprès des forces de sécurité que la manifestation était interdite. D’où l’impressionnant dispositif sécuritaire. Ce qu’a démenti le commissariat du troisième arrondissement soulignant que les forces de sécurité étaient là pour la protection et l’encadrement de la manifestation.

Seydou Coulibaly

13 Février 2012

©AFRIBONE