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Les restrictions imposées par les islamistes irritent de plus en plus la population à Tombouctou. Le samedi 6 octobre 2012, une marche organisée par les femmes de la ville sainte a été réprimée par les occupants à l’aide de coups de feu tirés en l’air.

La ville sainte s’est largement vidée de sa population. Le peu de personnes qui y est resté n’en peut plus des abus des occupants du mouvement islamiste Ansar Eddine et d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). Une semaine après l’exécution d’un présumé meurtrier, en application de la charia dont ils revendiquent l’instauration sur toute l’étendue du territoire, les femmes de Tombouctou ont exprime leur indignation à travers une marche de protestation.

Selon nos informations près d’une centaine de femmes y ont pris part. Si la manifestation s’inscrivait dans le cadre du rejet du projet de vision des islamistes, elle n’aurait duré que quelques minutes, puisqu’elle sera dispersée par ces derniers. «C’est à l’aide de coups de feu tirés en l’aire qu’ils ont mis un terme à la manifestation des femmes», nous a annoncé un habitant de la ville.

Le nord du Mali est tenu d’une main de fer par deux groupes islamistes liés à AQMI. Il s’agit notamment d’Ansar Eddine dirigé par le rebelle touareg Iyad Ag Ghaly et du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) dont le chef est un mauritanien dissident d’AQMI, Hamada Ould Mohamed Kheirou. L’occupation du nord du Mali a été faite avec l’aide d’un groupe touareg indépendantiste, le mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Ce dernier (groupe) est finalement tombé en disgrâce avec les groupes islamistes en fin juin, entrainant son évacuation de la zone. Dans la stratégie de partage de la zone, les régions de Tombouctou et de Kidal sont sous le contrôle d’Ansar Eddine alors que le MUJAO détient celle de Gao.

Depuis des mois, la vie est devient de plus en plus difficile pour les populations de ces régions nord du pays où les groupes rivalisent dans l’application de la loi islamique. Au moins, six personnes ont été amputées d’une main et/ou d’un pied pour vol ou brigandage dans la région de Gao, un couple lapidé à mort à Kidal et un autre fouetté par deux cents coups dans la même région pour adultère. A Tombouctou, un jeune a été fusillé pour une accusation de meurtre. Au-delà de ces scènes horribles, les populations sont soumises à des restrictions de libertés, les femmes sont obligées de porter le voile.

Seydou Coulibaly

Le 8 Octobre 2012

© AFRIBONE