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En effet, deux ans seulement après son classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, la cité des 333 Saints a été déclarée en péril en 1990 par cette dernière.

La prestigieuse université coranique de Sankoré, multiples médersas, et les trois grandes mosquées de Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia, ont fait la renommée universelle de Tombouctou, qui est considérée comme capitale intellectuelle et spirituelle, centre de propagation de l’islam en Afrique aux XV et XVIè siècles.

La fameuse mosquée de Djingareyber date du XIII siècle. Elle a connu une grande opération de restauration au XVIème Siècle.

Ces dernières décennies, bien que populations et autorités politiques et administratives se soient toujours investies dans l’entretien des édifices religieux, l’ensablement à petit à petit gagner ces vestiges de l’histoire.

Ainsi, la mission culturelle et la mairie de Tombouctou ont entrepris de désensabler les monuments ces dernières années.

Une ceinture verte a été créée autour de la ville de Tombouctou pour empêcher la formation de nouvelles dunes de sable.

Un arrêté de la mairie de mars 2005, détermine la zone de protection.

Suite à toutes ces actions positives, il était normal pour le Mali de demander le retrait de Tombouctou de la liste du patrimoine en péril.

Par ce retrait de Tombouctou de la liste du patrimoine en péril, l’Unesco a tenu à reconnaître le mérite des imams et de la corporation des maçons qui se sont appropriés cette mosquée depuis le 13ème siècle.

Malgré l’ensablement, les mosquées ancestrales ont toujours été entretenues par ces derniers, avec le flambeau de cette tâche, qui a été transmise de génération en génération.
Un plan de conservation des monuments accompagne le retrait de la liste du patrimoine en péril.

Mesures de protection prises doivent être renforcées par la délimitation de l’espace géographique concerné.

L’environnement physique ne doit plus subir de modification notable, les voies les entourant ne peuvent plus être bâties.

Suite à ce retrait, le Mali peut désormais mettre sur pied un dossier pour étendre le classement à l’ensemble de la vieille ville.

Pour Mr Togola Téréba, directeur national du patrimoine culturel, cette décision est extrêmement importante pour notre pays, car tant que les mosquées et les mausolées étaient sur la liste du patrimoine en péril, il n’était pas possible de demander la protection du reste de la vieille ville.

Et le premier site de Tombouctou qui recèle de nombreuses maisons et librairies construites dans une architecture originale, mérite une protection de l’Unesco, estime-t-il.

Les manifestations de l’ISESCO en 2006 auront lieu à Tombouctou, qui a été choisie par cette institution comme « première capitale islamique » d’Afrique subsaharienne

06 septembre 2005.