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La mobilisation de dernière minute a été insuffisante pour combler le retard pris dès le départ de la course. A l’arrivée, Tombouctou rate le podium. En effet, la Cité des 333 Saints n’a pas été retenue parmi les Sept Nouvelles Merveilles du monde. Une grande déception prévisible.

Mille ans ! C’est le temps que Tombouctou devra attendre pour espérer encore figurer parmi les Merveilles du monde. La Cité Mystérieuse n’a pas pu combler son retard sur ses concurrentes. La proclamation a eu lieu samedi dernier à Lisbonne (Portugal). Ce « concours controversé », lancé par une fondation suisse, a recueilli des millions de votes par Internet et téléphone.

L’initiative visait à recréer la popularité des Sept Merveilles de l’Antiquité désignées vers 200 avant Jésus Christ. Il s’agit notamment du Temple d’Artémis à Ephèse, des Jardins suspendus de Babylone, du Mausolée d’Halicarnasse (aujourd’hui Bodrum, sur la mer Egée, au sud-ouest de la Turquie), du Colosse de Rhodes, du Phare de Pharos à Alexandrie, de la Statue en or et ivoire de Zeus Olympien par Phidias et de la Grande pyramide d’Egypte.

Pendant près de sept mois (janvier-juillet 2007), les internautes ont pu choisir les sept « Nouvelles » Merveilles du monde parmi 21 monuments sélectionnés à partir de 77 sites choisis par un jury. Le scrutin, qui a recueilli plus de 90 millions de votes selon les dernières informations des organisateurs, s’est clos vendredi à minuit.

Une grande déception pour les Maliens et les amis de Tombouctou à travers le monde. Mais, un verdict pas très surprenant parce que le gouvernement ne s’est réellement mobilisé pour cette cause nationale qu’à la dernière minute. En effet, ce n’est que lors des trois derniers mois qu’on a senti la volonté politique derrière la candidature de Tombouctou.

Certes le ministère de la Culture et la commission « Tombouctou nouvelle merveille du monde » ont fait de leur mieux pour que le Mali puisse entrer dans l’Histoire de l’humanité à travers l’une de ses cités historiques et légendaires. Mais, leurs efforts ne suffisaient pas à eux seuls. A Tombouctou, il a manqué l’adhésion populaire, l’élan national dès le départ. Sans compter l’absence de tout lobbying politique en sa faveur. C’est dire que les autorités maliennes n’ont pas su prendre à temps le rôle de locomotive qui devait être le leur dès l’ouverture de la compétition en janvier dernier.

Par exemple si le gouvernement s’était entendu avec les sociétés de télécommunications pour rendre le vote par téléphone gratuit dès le début, peut-être que ce sont les larmes de joie et non de déception que nous aurions essuyées aujourd’hui. Mais, cette mesure n’est intervenue qu’à une semaine de la fin du vote. Au Mali, on n’a pas compris qu’il fallait plus que des discours pour faire face par exemple à la concurrence de plus de 1 milliard de Chinois. Nous n’avons pas tenu compte non plus de l’écart entre nous et les autres pays en compétition dans le domaine des Nouvelles techniques de communication (Tic).

Il fallait vraiment un miracle pour que la mobilisation et le réveil tardifs des Maliens puissent réellement être utiles à la candidature de Tombouctou alors que nos rivaux plus équipés (Internet et téléphone à moindre coût), plus nombreux et plus nantis que nous, avaient commencé à voter plusieurs mois auparavant.

Un autre rendez-vous manqué avec l’Histoire pour le Mali. La seule consolation pour la Cité Mystérieuse, c’est peut-être qu’elle a été recalée au même titre que la tour Eifel de Paris, la basilique Sainte-Sophie à Istanbul (Turquie), le temple Kiyomizu à Tokyo (Japon), la Place Rouge et le Kremlin à Moscou, le château de Neuschwanstein (Allemagne), la Statue de la Liberté à New York, l’Opéra de Sydney…

Une maigre consolation qui ne vaudra jamais l’honneur et le prestige d’une élection comme l’une des 7 Merveilles du monde pour mille… ans.


Sept Merveilles pour 1000 ans

A l’arrivée, ont été élus le Colisée de Rome (Italie), la Grande Muraille (Chine), le Taj Mahal (Inde), la Cité antique de Pétra (Jordanie), la statue du Christ Rédempteur (Brésil), le Machu Picchu (Pérou) et la pyramide Chichen Itza (Mexique). Tombouctou, située au nord du Mali, était le seul site d’Afrique subsaharienne à figurer parmi les finalistes. Mais, il a échoué malgré la mobilisation de dernière minute.

Moussa Bolly

09 juillet 2007.