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L’absence de l’autorité de l’Etat, la débandade des forces de défense et de sécurité et la prise de la ville par les groupes armés ont provoqué une fuite massive des populations vers l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur du pays.

A la gare GDF, c’est le casse-tête, l’une des rares compagnies en ce moment qui assure le trafic Bamako-Tombouctou. Ils sont débordés par l’afflux massif des populations qui fuient vers Bamako. Le lundi, plus de 400 réservations ont été enregistrées, alors qu’il n’y a pas assez de véhicules pour acheminer rapidement les passagers. Le guichetier était obligé d’arrêter les inscriptions, pour pouvoir évacuer ceux déjà inscrits. Ils voyagent dans des conditions extrêmement difficiles à bord des cars et même des camions.

Les passagers embarquent souvent par centaines dans les camions (femmes et enfants). Ils fuient la guerre abandonnant tous. « Nous vivons des moments difficiles, ça fait trois nuits que je n’ai pas fermé l’œil. Je suis toujours dans cette gare, avec ma famille. Le car est arrivé, tout de suite j’espère que c’est notre tour aujourd’hui », pleurniche un passager. Ce sont les mêmes camions et cars qui font des rotations entre Douentza et Sevaré.

D’autres personnes empruntent les pinasses en cette période de décrue. Les pinasses font 4 à 5 jours sur le fleuve avant d’arriver à Mopti.

Le mouvement Ançar-Dine, est très visible dans la ville, il patrouille tout en garantissant la protection des personnes et de leurs biens. Les scènes de pillages, de vandalisme et de vols ont cessé.

Le dimanche 8 avril, une colonne de véhicules tout terrain transportant des combattants du mouvement Ançar-Dine arborant des drapeaux noirs sur les véhicules était stationnée devant l’artisanat. Ces membres étaient entourés par une foule nombreuse, ouverts à toutes les questions, notamment en rapport à leur présence dans la Cité des 333 saints.

Abdou Maïga

(Correspondant régional)

11 Avril 2012