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Depuis l’annonce des préparatifs du déploiement des forces de la Cédéao, les chefs du Mujao et d’Ançar Eddine se font rares dans les villes du Nord occupées. Un nouveau dispositif de combat est mis en œuvre avec à la clé l’appel des populations à la guerre sainte contre les forces extérieures.

Au moment où les chefs d’état-major de la Cédéao se réunissent à Bamako pour valider le plan d’opérationnalisation pour la reconquête du Nord par les forces armées du Mali et de la Cédéao appuyées par une logistique occidentale, les occupants du Nord, soufflent le chaud et le froid. Sur le terrain, des combattants islamistes (Ançar Eddine, Mujao) se préparent à la confrontation contre les forces multinationales.

Il nous revient qu’à Tombouctou et à Gao, les islamistes sont en train de réorganiser leurs forces et leurs modes opératoires sur le terrain.

Les combattants, à l’annonce des préparatifs de la force d’intervention, se sont faits rares en ville. En tout cas sur leurs lieux habituels de rencontres. Les grands bâtiments qui faisaient office de bureaux sont pour la plupart abandonnés. A Tombouctou, les grands noms comme Abou Zeid, Belmoktar se font rares dans les agglomérations. Les seuls qui font leur apparition à Gao sont Aliou Mamar Touré, le chef de la police, et un certain Abdou Hakim, chef du Mujao.

Paradis sur mesure

Toutefois, à la tombée de la nuit, Abdoul Hakim, le chef du Mujao, et ses adjoints quittent la ville pour ne revenir que le matin pour les entraînements avec des armes lourdes logées dans le camp sur la route de Niamey. Selon plusieurs sources, face à la désertion des jeunes de Gao qui avaient fait allégeance au Mujao, Abdou Hakim, a réuni, il y a quelques jours, son état-major pour lui dire de s’apprêter à un combat de longue durée qui s’annonce imminente. « Quiconque mourra dans cette guerre ira au paradis« , a-t-il lancé aux combattants.

A Tombouctou, le scénario est identique à la seule différence que les combattants sont d’obédience Ançar Eddine d’Iyad Ag Ghali. Les jihadistes ont pour QG les alentours de l’aéroport, mais aussi les environs de Kabara. Contrairement à Gao, personne de Tombouctou ne peut affirmer là où se cachent les armes lourdes des islamistes d’Ançar Eddine. Mais les gens ont des soupçons sur les alentours de l’aéroport qui sont interdits au public.

Que ce soit dans la ville de Gao ou à Tombouctou, les violences de la police militaire ont baissé en intensité. « Dans le temps s’ils ne fatiguaient pas les gens cela voulait dire qu’ils n’existaient pas. Ils ont la tête ailleurs« , affirme un enseignant joint au téléphone. A Douentza, la présence de quelques combattants est signalée. « Ils sont visibles dans les pick-up et ne sont pas trop exigeants sur l’application de la charia« , révèle un commerçant détaillant.

Dans les deux villes, on est persuadé que dès le débarquement des premières forces multinationales, les islamistes vont se sauver comme des dératés.

Amadou Sidibé

07 Novembre 2012