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Selon un habitant de la ville de Tombouctou, un check point de l’armée malienne sur la route de Taoudéni a été attaqué hier soir vers 22 heures « Des tirs nourris sont entendus en ce moment à Tombouctou », nous a signalé Yehia Tandina, un journaliste vivant dans la cité des 333 saints. Selon son témoignage : « des individus armés se sont infiltrés entre les deux check situés au Nord et au Nord-est ont tiré sur les positions de l’armée malienne. La riposte des famas a fait des grosses détonations. Des tirs ont été aussi entendu vers le quartier Attbougou ou un autre Check point de l’armée malienne est positionné ». Au moment ou nous mettions sous presse, le bilan était d’un militaire blessé, selon notre source.
A signaler qu’une nuit avant, à Ber, localité située dans la région de Tombouctou, Alhassane Ag Intoua, le chef de poste du HCUA a été froidement assassiné devant sa maison par des inconnus.

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L’insécurité, de la signature de l’accord à aujourd’hui, a fait au minimum 300 morts et 200 blessés au Mali. Selon Mahatmat Saleh Annadif, le chef de la Minusma, l’évolution de la situation demeure malheureusement toujours préoccupante. « Un an après la signature de l’accord de paix, force est de constater que ni les signataires, moins encore la médiation internationale, ne sont satisfaits du rythme d’exécution de sa mise en œuvre. Cette lenteur qui est difficilement compréhensible est en train de compromettre tout le processus, notamment la mise en place des patrouilles mixtes. La situation sécuritaire s’est notablement dégradée ces dernières semaines », a –t-il dit. Selon Mahatmat Saleh Annadif, la faiblesse de l’Etat dans le Nord et l’absence d’un contrôle effectif du terrain par les autres parties là où elles sont présentes ont cédé la place à une montée du terrorisme, du crime organisé, du banditisme et des tensions intercommunautaires, etc. « Plus on accumule du retard dans la mise en œuvre de l’accord et la prise en charge réelle de ces défis, plus l’on risque de voir le processus de paix se fragiliser davantage», a avertit le chef de la Minusma. Il a souhaité un renforcement des capacités de la Minusma : « Il est nécessaire d’accroître les capacités à la fois de la Force et de la police en termes de personnel, d’équipements et de couverture aérienne.»

M.K. Diakité

Le Républicain du 22 Juin 2016