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Un jeune a été exécuté, le mardi 2 octobre 2012 à Tombouctou devant un public de plusieurs centaines de personnes. Les islamistes du mouvement Ansar Eddine, responsable de ce forfait l’accusent de meurtre.

Pendant que cette nouvelle épreuve était en cours à Tombouctou, des «assises sur l’occupation du nord» s’ouvraient à Bamako. Il s’agit d’une tribune offerte par la Coalition pour le Mali aux victimes (amputés, déplacés, etc.) de la crise du nord pour témoigner leur mésaventure devant un public presque «indifférent» à leur sort.

Pour la vice-présidente de cette Coalition, Mme Oumou Sall, maire de Goundam, une localité à cheval entre la zone occupée et la partie du territoire contrôlé par l’État malien, les conclusions de ces assises seront présentées au gouvernement en vue de mesures diligentes.

Le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur ce cas d’assassinat à Tombouctou. Mais dans des réactions à de précédents crimes perpétrés par les occupants du nord, il dit suivre de près les «crimes odieux» des islamistes qui, selon lui, «ne resteront pas impunis». Selon nos informations, 300 à 600 personnes auraient pris part à la scène d’exécution perpétrée à l’aide d’un fusil.

Avant l’ordonnance de la sentence décidée par un juge islamique, la victime, menottée, a été positionnée au niveau d’une place publique de la ville, faisant face à l’Est (orientation vers la Mecque). S’agit-il d’une revanche ? Tout laisse à le croire ! La famille de la personne fusillée aurait vainement tenté de négocier une reddition de peine auprès de la famille du pêcheur dont le jeune homme est accusé d’en être le meurtrier. Le refus de cette famille a donc abouti à l’application de la peine qui, aux yeux des islamistes est une mesure dictée par la charia, la loi islamique qu’ils veulent instaurer sur toute l’étendue du territoire national.

Seydou Coulibaly

03 Octobre 2012

©AFRIBONE