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Aïssata Sory Tapo est agent socio-sanitaire dans un centre de santé de Bamako. La mine serrée, elle est venue se confier à notre rédaction mercredi dernier en expliquant, que sa sœur cadette, Kadidia Sory Tapo, domiciliée à Mopti Wayankoré, serait « la vraie gagnante du super gros lot de la tombola d’Ikatel ».

« Le jour du tirage de la tombola le 27 juillet 2005, ma sœur a été appelée depuis Mopti sur son portable (611-13-37). Elle a été contactée à cinq reprises à partir des lieux du tirage par un individu avec le numéro
: 613-84-24.

A chaque fois, la personne lui annonçait qu’elle venait de remporter le gros lot : la Renault Mégane. Son interlocuteur qui s’est rendu compte qu’elle réside à Mopti l’a même félicitée tout en se réjouissant que ce soit un natif de la Venise malienne qui ait gagné cette année alors qu’un joueur de Gao était l’heureux gagnant l’année dernière.

L’annonceur de la bonne nouvelle, qui n’avait pas décliné son identité, a demandé à Kadidia, lors de son cinquième coup de téléphone de garder patience et qu’il rappellera plus tard pour discuter avec elle des modalités de son voyage sur Bamako.

Le coup de fil tellement attendu fut un coup de massue pour ma sœur qui avait commencé à fêter sa nouvelle voiture avec les voisins et d’autres parents auxquels l’information était parvenue comme une traînée de poudre.

La même personne l’appela pour lui dire, qu’une autre personne résidant à Bamako en serait le lauréat ». Ce sont là quelques morceaux choisis du récit fait sur cette affaire par Aïssata Sory Tapo, sœur aînée de celle, qui revendique la Renault.

Les sœurs Tapo dont une autre du nom de Fatoumata Sory Tapo aurait téléphoné le « 613-84-24 » qui avait annoncé la nouvelle à sa jeune sœur.

Selon elle, son correspondant lui fait savoir que c’est Ikatel qui l’a chargé de dire à Kadidia qu’elle n’était pas la gagnante et que le gagnant porte le numéro 611-13-35.

La sœur aînée, Aïssata S. Tapo a à son tour appelé le même numéro où elle s’est fait grossièrement insulter par son interlocuteur.

Elle a ensuite effectué le déplacement au siège d’Ikatel, où il lui a été signifié que le numéro qui a servi à appeler sa sœur n’était pas un numéro utilisé par un employé d’Ikatel.

Volonté de discrédit

Aïssata S. Tapo croît fermement que sa sœur a été grugée. Toujours selon elle, une série de cinq numéros de téléphone ont appelé directement sa sœur le jour du tirage pour la féliciter.

La famille Tapo qui se sent lésée n’entend pas en rester là et compte même ester en justice.

Au service marketing et communication d’Ikatel, on se refuse à piper mot de cette situation. La direction, à travers l’agent qui nous a reçus, a préféré nous renvoyer à l’huissier de justice qui dispose du règlement du jeu et qui en était la caution morale.

L’huissier Sékou Dembélé, dont le cabinet a supervisé les opérations de tirage, nous a fait comprendre que « tout cela procède d’une volonté de discrédit savamment orchestrée pour tenir l’image de la société Ikatel à travers cette tombola ».

Selon lui, « même le léger retard pris dans le tirage a été interprété par des gens comme étant des manœuvres dilatoires visant à tricher.

Or, il n’en était rien et le retard s’expliquait par des problèmes logistiques créés avec le nombre exponentiel de plus de 800 000 joueurs à tirer au sort », a-t-il expliqué.

Comme preuve de la sincérité du tirage, Me Dembélé a avoué que tout a été fait publiquement, de manière correcte.

« Nous avons suivi le processus du début à la fin à l’œil. Le directeur juridique et fiscal, Bakara Diallo, a veillé à l’application stricte du règlement », a-t-il signalé.

Il y a une tentative de discrédit et de sabotage. Le numéro de M. Diabaté, le vrai gagnant, a été montré publiquement après le tirage effectué par un enfant pris dans la foule. On a essayé même de joindre directement M. Diabaté dont le portable était fermé à cause d’une batterie déchargée. C’est surprenant que quelqu’un ait appelé une tierce en lui faisant croire qu’elle aurait enlevé la Renault », a plaidé Me Dembélé.

Il a qualifié les faits d’une plaisanterie de mauvais goût qui peut amener la personne qui a été abusée de porter plainte en justice contre le plaisantin.

Abdrahamane Dicko

08 août 2005