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La crise à la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP) défraie la chronique. La situation a occupé une place de choix au récent Conseil restreint de l’Université de Bamako. Tout en condamnant la corruption, qui est devenue monnaie courante, les administrateurs ont pris des mesures visant à freiner toutes les pratiques jugées anormales à la FSJP.

Les sept chefs d’établissement accompagnés chacun d’un représentant des étudiants ont échangé avec Mme le recteur de l’Université de Bamako à la faveur du Conseil de l’Université de Bamako tenu les 06 et 07 février 2008. Même si nul ne doute aujourd’hui, que l’école malienne est à la merci de la gangrène, le cas de la FSJP est pire avec des pratiques désormais ancrées dans les habitudes.

Le doyen de ladite Faculté a beau affirmer qu’il faut dorénavant travailler pour passer à la FSJP, les réalités sont tout autre. Mettant l’Etat face à ses responsabilités, dont l’autorité est « touchée » par ces manœuvres sordides, les orateurs ont vivement regretté le « passage en classe supérieure de plusieurs étudiants dans des conditions anti-pédagogiques, dans le laxisme et dans la corruption ».

Une position d’autant plus justifiée que des centaines d’étudiants dans la même Faculté, se sont récemment plaints. « Nous avons payé notre argent et nous devons passer ».

Une situation, qui y a entraîné du coup l’escalade de la violence ces derniers temps. Il est aussi impossible de ne pas citer les ventes de brochures « illicites ».

« Celui qui achète ma brochure écrit son nom et on verra la suite après », diraient des enseignants à leurs étudiants.

Les intervenants se sont aussi élevés contre les « cours privés spéciaux » à la veille des examens et le « favoritisme » lors des évaluations.

Concernant les mesures anti-pédagogiques, figure en premier lieu l’attribution des notes administratives non prévue par un texte réglementaire et auquel l’administration avait recouru suite au refus de certains professeurs de rendre leurs notes.


Le repêchage et les représailles

Cet acte avait suscité la colère de certains parents d’élèves dans la mesure où tous les étudiants, à les en croire, ne méritent pas la moyenne attribuée.

Malgré tout, les résultats ont été jugés catastrophiques et le traitement des réclamations a permis seulement d’avoir une « légère hausse ».

C’est pour toutes ces raisons que des intervenants au cours du conseil, ont souhaité la stricte application des « normes docimologiques » étant donné que le comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de la FSJP, en plus d’autres facteurs défavorables, imposent leur quota de passage à l’administration au risque de prendre l’année académique en otage.

Après avoir fait l’état des lieux, le conseil de l’université a fait une recommandation contre le repêchage à l’examen du Baccalauréat, un phénomène dont se servent les autorités pour « gonfler » le taux de réussite et convaincre les bailleurs de fonds de la bonne santé de notre école quant bien même il a de sérieuses répercussions sur le niveau des diplômés.

En plus, sur décision du recteur de l’université de Bamako, le conseil « a interdit les cours privés et la vente des polycopies dans les établissements ».

Contre les enseignants « indociles » et ne faisant pas honneur à la FSJP, le conseil a aussi fait des recommandations. Dans cette optique, il a conseillé de « retirer les cours aux enseignants incompétents et corrompus en les faisant remplacer par des consultants du Tokten et muter ou permuter certains enseignants entre les établissements ».

Des mutations trouvées « arbitraires » par les « challengers » affiliés au Syndicat national de l’éducation et la culture (Snec) de l’actuel doyen Harouna Dembélé et auteurs de la rétention des notes.

Pour le conseil, « tous les enseignants qui retiennent leurs notes doivent être consignés à la justice car c’est un devoir pour eux de rendre les notes des évaluations ».

Comme conséquence de la pléthore, le Conseil a suggéré de « supprimer les épreuves orales ». Enfin, le conseil a recommandé d’empêcher toute ingérence extérieure dans la gestion de la FSJP et lors des évaluations.


Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

25 février 2008.