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Accusée par le comité exécutif de l’Adéma/PASJ de « rouler » pour Soumeylou Boubèye Maïga, Mme Timbo Awa Traoré, l’un des membres fondateurs de l’Adéma de Koutiala, a été exclue du parti lors de sa dernière conférence nationale. Pour l’intéressée qui dit avoir enfanté l’Adéma, cette décision est sans effet ou au contraire l’arrange.

La décision de la conférence nationale de l’Adéma d’exclure de ses rangs à Koutiala, Mme Timbo Awa Traoré et trois autres camarades a jeté l’émoi dans les rangs des militants du Parti africain pour la solidarité et la justice.

Irréfléchie, injuste, regrettable : les qualificatifs ne manquent pas au sein de l’opinion locale pour dénoncer l’exclusion arbitraire de celle qui se faisait appeler là-bas « Maman Adéma ».

Battante, dotée d’une capacité de mobilisation hors pair, cette dame s’est donnée âme et corps à l’association et ensuite au parti Adéma dans la Capitale de l’Or blanc avant d’être mise à la touche le 26 février dernier. « Je ne regrette pas mon exclusion. Ça ne m’a rien fait. Je n’ai rien contre qui que ce soit », explique-t-elle avant de narrer les premiers pas du parti à Koutiala qu’elle considère comme son « enfant ».

« L’Adéma association a vu le jour dans notre famille. J’ai distribué les cartes de membres en faisant le porte en porte. Nous sommes à la base du parti Adéma ici. Le salaire de mon mari était divisé en trois parties : 2 pour la famille et une pour le parti. S’il y a aujourd’hui de nouveaux propriétaires, je ne peux que leur souhaiter bonne chance », témoigne-t-elle.

« Aujourd’hui, poursuit-elle, c’est l’Adéma qui me doit quelque chose. Sinon pas moi. J’ai tout donné à ce parti et je continue à débourser pour ce parti. Heureusement que, maintenant, les gens comprennent les réalités et savent faire la part des choses ».

« SBM doit être soutenu »

L’Adéma doit son succès électoral aux législatives de 1997 à la capacité de mobilisation exceptionnelle de cette dame qui n’était pourtant que la représentante des femmes à la section. Son seul tort est d’avoir conduit une armada de militants au meeting de l’Asma de Soumeylou Boubèye.

Selon elle, « si Boubèye avait démissionné du parti en 2002 après son échec aux primaires, l’Adéma allait être enterré définitivement. Mais il a su garder son calme. Il a prôné le rassemblement et il est resté solidaire. Membre fondateur du parti, il mérite d’être soutenu », argue-t-elle avant d’ajouter, « je n’ai rien contre ATT. Peut-être, nous avons des divergences de vues et cela est normal en démocratie. Il faut reconnaître que les Maliens souffrent aujourd’hui à cause du système et de la gestion du pays par lui ».

Rappelons que les trois autres camarades exclus Vamara Coulibaly, secrétaire aux sports, Issa Diarra, secrétaire à la communication, Assama Poudiougou, représentant de la jeunesse à la section, sont tous des membres fondateurs de l’Adéma de Koutiala.

Sidiki Y. Dembélé

14 mars 2007.