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Malgré l’accord sur la levée du mot d’ordre de grève au cours du Forum national sur l’éducation, la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) entend poursuivre son boycott des évaluations jusqu’à la tenue de l’AG, qui, seule, peut décider de quelque chose.

Le Forum national sur l’éducation s’est tenu du 29 au 2 novembre derniers. Il a regroupé les acteurs et les partenaires de l’école. A l’issue de la rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées. Le Premier ministre, Modibo Sidibé s’est engagé pour l’application stricte des recommandations. Le Forum a condamné la rétention des notes et la non-évaluation des élèves et demandé aux enseignants d’enseigner et d’évaluer.

Cette nouvelle avait occasionné une joie auprès des principaux concernés : les élèves et les parents d’élèves qui s’attendaient à la reprise des évaluations. Mais, ils doivent encore prendre leur patience en mal. Car, dix jours après la tenue de la rencontre, la Coses n’a jusque-là pas levé son mot d’ordre de non-évaluation.

Selon le secrétaire général de la Coses, Tiémoko Dao, « Nous allons nous réunir en assemblée générale pour décider de la levée ou de la poursuite de la grève. Pour le moment la grève continue ». A en croire, M. Dao, ce n’est pas le Forum qui peut décider, mais les enseignants.

Du côté des élèves, les regards restent donc tournés vers la Coses. « Les cours ont repris depuis un mois, nous sommes dans l’impasse », affirment des lycéens qui prient leurs professeurs à appliquer ce qui a été dit au Forum, c’est-à-dire enseigner et évaluer. Des parents d’élèves s’interrogent sur les raisons du maintien du mot d’ordre de la levée de la grève.

Pour eux à partir du moment où le chef du gouvernement s’est engagé à appliquer des résolutions du Forum, il n’y a plus de motif au boycott. Et de poursuivre que dans le document intitulé « Contribution des syndicats d’enseignants » produit par les enseignants eux-mêmes en prélude au Forum, il est question d’un retour à la normale parce qu’ils se sont dit disposés à corriger tout ce qui peut leur être reproché, à jouer pleinement leur rôle dans le bon fonctionnement du système éducatif malien, à assumer leurs fonctions et responsabilités à tous les niveaux.

Les revendications de la Coses sont consignées dans un préavis de grève en vigueur depuis le 12 novembre 2007. A la date d’aujourd’hui, seul un point de revendication sur sept est satisfait. Il s’agit de l’abrogation et de la promulgation de l’article 60 de la Loi d’orientation sur l’éducation.

Les autres portent, entre autres, sur l’indemnité de logement, la levée des obstacles juridiques qui empêchent la promotion et la formation des enseignants contractuels.

Faut-il rappeler que les élèves des établissements publics ont passé l’année 2007-2008 sans évaluation. Gageons que de l’assemblée générale décide de la levée de la grève afin que les élèves soient évalués !

Amadou Sidibé

11 Novembre 2008