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Invité par ses amis de Facebook, pour évoquer les perspectives de la grave et double crise (sécuritaire et institutionnelle) que le Mali traverse, Tiébilé Dramé, ancien ministre et grand spécialiste du Sahel , a indiqué qu’il faut préserver la nation, sceller un nouveau Pacte national, passer les fondations du renouveau démocratique et de la renaissance du Mali pour une sortie définitive de crise au Mali. La rencontre qui s’est déroulée le samedi 23 février 2013 au centre international de conférence de Bamako a vu la participation massive et active des jeunes, d’élus, des membres de la société civile et des personnes ressources.

Après avoir observé une minute de recueillement à la mémoire des soldats tombés au front et des populations civiles victimes des exactions, Tiébilé Dramé , dans son discours liminaire, a indiqué que l’opération Serval, la MISMA et la prochaine opération onusienne de stabilisation et de sécurisation du territoire ne seront pas suffisantes pour restaurer une paix durable après le tsunami que le Mali a vécu depuis cette année 2012 de malheur. Pour lui, un indispensable processus politique doit être enclenché, sans délai, pour la refondation de la démocratie et des institutions et pour poser les jalons d’un nouveau Pacte national de paix, de réconciliation et de cohésion.

« Ce processus politique visera à crever les abcès, panser les blessures, tirer les leçons des secousses et des épreuves traversées, dessiner les contours du Mali post-crises et poser des fondations plus solides de l’édifice sur lequel reposera notre commune volonté de vivre ensemble», a souligné le conférencier. Avant d’ajouter que ce processus doit être constitué de trois étapes, à savoir des discussions inter-maliennes pour résoudre la crise du Nord, des élections transparentes et crédibles pour asseoir la légitimité des autorités qui en seront issues et des assises nationales regroupant toutes les forces vives de la Nation. Interpellé sur la tenue des élections en juillet 2013, Tiébilé Dramé demande la mobilisation de tous les Maliens, plus particulièrement celle des jeunes pour que cette date soit maintenue. « Les jeunes ne doivent plus prendre à la légère la question des elections.il faut en accorder la plus haute importance car notre avenir en dépend. Il faut que tout le monde se mobilise pour que cette date soit maintenue.

Faire l’indiffèrent serait suicidaire. Il faut un sursaut collectif et individuel pour sortir le Mali de la crise », a-t-il soutenu. Les informations d’exécutions sommaires, d’exactions, d’amalgames et de stigmatisation qui nous viennent des régions libérées du Nord, a expliqué le conférencier, constituent une dangereuse menace pour l’unité nationale, pour la réconciliation et la paix. « Le Président et le Gouvernement doivent rappeler à l’ordre, et sanctionner ceux qui, au sein des forces armées, se livrent à ces actes dont la seule finalité est de détruire ce qui nous reste de ce pays.

Rien ne saurait justifier les casses des domiciles et des boutiques de nos compatriotes arabes et touaregs et rien ne saurait justifier des exécutions extrajudiciaires. L’ouverture d’une enquête diligente s’impose », a déclaré le président du Parena. Tiébilé Dramé a, en outre, préconisé une attente entre tous les acteurs politiques, (économiques, sociaux, religieux et culturels) et tous les segments de la Nation pour faire du prochain quinquennat, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle, un quinquennat d’enseignements à tirer des crises, un quinquennat de réformes, donc de transition pour asseoir de solides fondations de la démocratie et des institutions de la République, et négocier un consensus national afin de maintenir ce pays ensemble, préserver la Nation, en créant les conditions de la réconciliation et de la cohésion nationales et d’une paix véritable et durable.

Madiassa Kaba Diakité

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Les amis de Tiébilé Dramé lui ont dit …

Mohamed El Oumrani, président de la communauté Arabe du Mali
« Nous avions construit le Mali avec la sagesse »

En 1959 j’étais le commandant de Tessalit. En 1960 je faisais partie de la cérémonie qui a fait monter le drapeau malien. Nous avions construit le Mali avec la sagesse. Je fais partie de la première génération. J’ai visité les camps des refugiés en Mauritanie dont il y’a des chefs, des maires, des arabes, des peulhs, des touareg. Le devoir et la responsabilité de la jeunesse est de réfléchir sur la construction du Mali sur la base de la légalité et la justice. Je remercie Tiébilé Dramé et les jeunes de m’avoir donné cette occasion.

Mme Aïcha Belco Maïga, président du conseil de cercle de Tessalit : « Il faut vous référer à la sagesse de votre leader»

Je suis songhaï de père et touareg de mère. Je suis le fruit de l’amour de l’intégration et du pardon. La jeunesse du Parena a de la chance d’avoir Tiébilé Dramé. Donc profitez-en. Soyez sage et dynamique : le résultat sera excellent.

Adrahamane Oumar Maïga, président du cadre de réconciliation et de sécurité (Gao) : « Il faut que l’injustice soit réparée »

Nous ne sommes pas tous responsables de ce qui est arrivé car les 15 millions d’habitants du Mali ne sont pas tous des gouverneurs. Je ne suis pas démagogue. Il n’y a pas de nord, ni de sud du Mali mais il y a juste le Mali. J’ai servi à Kidal pendant sept ans. La jeunesse malienne a de la chance d’avoir des hommes intègres comme Tiébilé Dramé. Je demande à la jeunesse d’être courageuse. Il faut une union sacrée car nous avons tous assez souffert. Il faut faire en sorte pour qu’il n’y ait plus de favoritisme. A cet effet, le futur pacte national doit englober tout le monde. Il faut que l’injustice soit réparée.

Mme Seck Oumou Sall, maire de Goundam : « Le Mali est le nôtre et nul n’a le droit de le détruire. »

Le Parena est plein d’intellectuels. Je n’ai pas l’habitude de faire des éloges mais si on avait pris en compte les recommandations et réflexions de Tiébilé Dramé au cours des conférences et des débats, nous ne serions pas dans cette situation. Tiébilé est un fédérateur. Le Mali a besoin d’aujourd’hui d’une génération de décideurs et je pense que Tiébilé Dramé s’inscrit dans cette logique. Je suis peulh par mon père, touareg par ma mère et j’ai été adopté par les songhaïs. Le Mali est notre pays et nul n’a le droit de le détruire.

Amadou Dagamaïssa, communicateur Traditionnel : « Avoir Tiébilé Dramé comme chef d’État est valable. »

Ce que Tiébilé Dramé a fait de sa poche pour que l’on revienne à l’ordre constitutionnel est appréciable. Ce que je retiens de Tiébilé est la fidélité. Avoir Tiébilé Dramé comme chef d’État est valable.

Mamadou Diouara, membre de la jeunesse du Coren :« La paix ne se décrète pas, elle se construit »

Quittons le piège du sud et du nord. Considérons-nous comme des Maliens. La paix ne se décrète pas, elle se construit. Il faut avoir le courage d’affronter la vérité. Qui est Mnla, Ansardine, Mujao ? Ce sont nos camarades avec lesquels nous avons fait l’école. Des gens qui ont eu le culot de venir violer nos sœurs. Quand l’espoir n’est plus permis aux excellents, la catastrophe est assurée. J’aimerai que la jeunesse propose des choses concrètes. La jeunesse a un grand défi à relever. Il y a eu des heures et des moments de mauvaise gouvernance. Je souhaite que le Mali soit sauvé. On a divisé ce pays dans l’esprit des gens sans se rendre compte et c’est ce qu’il faut corriger.

Mme Diallo Aminata Sidibé, ancienne ministre : « L’ethnicité doit être revue au Mali … »

La question de l’ethnicité doit être revue au Mali. Nous sommes tous des Maliens. Le Combat que M. Dramé est en train de faire est un combat juste. La jeunesse a un immense leader. Sachez donc en tirer profit. Au moment où toute la communauté internationale est prête à aider le Mali, il faut que les Maliens eux même soient unis.

Mme Dembélé Oulématou Sow, secrétaire général adjointe de la Coalition pour la Mali : « Tiébilé Dramé est un fédérateur, une icône »

Le président du Parena, Tiébilé Dramé, est un fédérateur, une icône pour la jeunesse entière. Sur son investigation, les missions ont été dépêchées en faveur de nos frères et sœurs réfugiés et déplacés. Avec Tiébilé Dramé, le Mali aura un lendemain meilleur. J’ai rapproché l’homme dans le feu de l’action à un moment où notre pays sombrait dans la déchéance, je l’ai vu dans la multiplication des initiatives dont la coalition pour le Mali en est un exemple.

Propos recueillis par Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 25 Février 2013